Pourquoi défendre l’élite politique et intellectuelle est un devoir citoyen ?

Des voix innocentes ou calculées se sont offusquées par la levée de boucliers quasi instantanée d’intellectuels de renom, de militants chevronnés et de milliers de citoyens contre la volonté de certaines personnes, certes isolées mais missionnées, d’empêcher Said Sadi de marcher, au milieu de son peuple, à Béjaïa.

Si les voix intentionnées tendent désespérément à faire durer le crédit de cet énième traquenard des services, les innocentes ont péché par fausse mesure de la gravité du geste dont était victime Said Sadi qui porte sur son épaule un demi-siècle de combat démocratique et identitaire.

Les intellectuels tels que Yasmina Khadra et Said Chemakh, des militants tels que Djamel Zenati, Mouloud Lounaouci et Brahim Tazaghart, et des citoyens de tout bord ont condamné fermement ce geste abject car il porte la signature d’une volonté politique d’en finir avec le mouvement populaire.

Les officines du pouvoir ont dès le début de la contestation populaire affiché leur velléité d’isoler le peuple de son élite politique et intellectuelle. Elles se sont données le mot pour vider ce mouvement grandiose de toute possibilité de proposer une alternative démocratique viable et capable de donner naissance à une vraie république. Les clans du pouvoir ont actionné leur relais médiatiques et  leurs cellules dormantes pour couper toute main qui apporterait de l’eau bénite à ce mouvement citoyen. Des médias maison et des cellules dormantes se sont relayées pour stigmatiser, invectiver et sataniser les personnalités politiques et intellectuelles qui n’émargent pas au registre du clan. Et en ces temps d’incertitude pour son avenir immédiat, le système des clans a redoublé de férocité. D’où l’urgence d’un éveil national.

Les citoyens et citoyennes doivent redoubler de vigilance, ne pas prêter flanc à ces discours qui plaident pour un mouvement sans élite sensée le représenter et capable de traduire fidèlement ses aspirations sur la table des propositions. Le pouvoir veut un mouvement atone pour que , seule, sa voix tonne. L’histoire des révolutions réussies sont celles où la voix du  peuple est portée par son élite politique et intellectuelle. Donc restons mobilisés, défendons nos droits et nos rêves. Et le tout passe par la défense de nos élites, toutes nos élites.

Arezki Lounis

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