RESPECT TOTAL DES SYMBOLES DE L’ÉTAT : La phrase trouble de Gaïd Salah

«Je tiens à souligner dans ce cadre la nécessité du respect total des symboles de l’État, à leur tête l’emblème national, en ce qu’il représente comme une symbolique sacrée de l’unité de la nation et du peuple et des sacrifices des générations à travers l’histoire », la phrase la plus ambigüe du discours du chef d’état major prononcé, hier mardi, depuis la 4e région militaire.

Que veut-il dire par le respect total des symboles de l’État ? Difficile de sonder son fond de pensée tellement les symboles de l’État sont multiples. Veut-il dire au peuple de ne plus s’attaquer au président déchu, au chef de l’État par intérim et au président du conseil constitutionnel ? Fort possible. Dans les textes législatifs, ces derniers cités sont des symboles constitutionnels de l’État. Le code pénal réprime lourdement quiconque leur porte préjudice moral ou physique. Par ailleurs, le communiqué, pondu une journée après le discours de Gaid Salah, par l’agence de régulation de l’audiovisuel ( ARAV ), réveillée subitement d’un long sommeil, et qui rappelle le devoir « d’éviter de porter atteinte aux valeurs et symboles de la République, à la vie privée et à l’honorabilité des personnes », sonne, hélas, comme une résonance à une volonté politique des nouveaux maitres du régime de forcer un recadrage des slogans portés par le mouvement populaire .

En mettant en tête de ces symboles l’emblème national, l’ambiguïté devient plus dense. Le chef d’état major attaque-t-il, par le flanc, les porteurs des emblèmes amazighs ? Si c’est le cas, Ahmed Gaïd Salah ferait preuve d’une ignorance totale de la portée significative et charge géo-politique de ce symbole identitaire pour lequel des citoyens ont donné leur vie. L’emblème Amazigh n’a jamais été régional, propre à la Kabylie comme le laisse croire certains esprits malintentionnés mais un symbole identitaire porté par toutes les populations de l’Afrique du nord et qui renvoie à leur unité. Son équivalent est le drapeau Européen qui flotte à coté des emblèmes nationaux de tous les pays membres de l’UE.

L’insistance sur le respect de l’emblème national pourrait aussi être dirigée contre ceux qui ont tendance à mettre le drapeau Algérien sous le drapeau palestinien, par provocation ou par excès de zèle idéologique.

Quoiqu’il en soit, ce passage nécessite éclaircissement pour épargner des malentendus inutiles.

Arezki Lounis

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