Algériens ,indignez- vous encore et encore!

Stéphane Hessel (1917- 2013), un ancien résistant contre le nazisme, publia un essai en 2010 suite à ce qu’il considéra comme trahison des principes du Conseil National de la Résistance dont il accusa Nicolas Sarkozy. Il l’intitula : »INDIGNEZ – VOUS ». l’essai est un appel à l’insurrection pacifique pour parvenir à une rupture avec le système de gouvernance autant en France qu’au plan mondial qu’il juge inadéquat. Pour le vieux résistant ,l’indignation est le ferment de l’esprit de résistance. Le motif de l’indignation , le choix de la non violence, le changement du système et l’endiguement du déclin sont les préceptes fondamentaux de l’appel.

A bien voir le cas algérien, l’on dirait que l’appel s’en est inspiré de1949 aux années 2000. Un parallèle avec le printemps de 1980 et la révolte populaire d’aujourd’hui en Algérie confirme, si besoin est, cette référence. A Tizi Ouzou et à partir de l’Université d’où les événements de 80 sont partis, le Docteur Said Sadi a, dans une conférence qu’il donnait à l’occasion de la commémoration du 39 eme anniversaire du Printemps Amazigh, longuement insisté sur ce précepte du motif de l’indignation que fut l’interdiction de la conférence de Mouloud Mameri qui fut ressentie comme une humiliation qui a poussé cette jeune élite à sortir dans la rue et ainsi à faire un parallèle avec le motif que fut l’imposition de la candidature d’un cadre à l’élection présidentielle avortée du 18 avril 2019 qui a poussé la jeunesse d’aujourd’hui à faire de même, et avec un incroyable sens de civisme. Les deux préceptes que sont l’aspiration au changement du système et l’endiguement du déclin sont nettement mis en relief par les slogans populaires . De 1980 à 2019, le peuple appelle au changement du système et dépeint le profile de la République rêvée par lui et ses élites politiques de la tendance démocratique. Un quatrième précepte qui est le choix de la non-violence et du pacifisme, constitue l’arme la plus redoutée par les systèmes autoritaristes et dictatoriaux car ne répondant pas à leur culture, leur force(la violence) et leur pouvoir de convaincre leur sponsors de la nécessité de l’usage de la répression musclée.

La révolte civile et civilisée des algériens , qui a inscrit son nom en lettre d’or sur le registre de l’histoire universelle, peine à trouver écho auprès d’un intrus interlocuteur historiquement honni car étant le malheur du destin national depuis l’indépendance du pays et autoproclamé « en sourdine » suprême détenteur du pouvoir. En dépits de toutes les tentatives de répression, de désinformation, de division et de caporalisation par des moyens colossaux, la mobilisation populaire en faveur de l’in équivoque « tetnehhaw gaâ »(vous allez tous dégagé)ne souffre d’aucune panne. Le porte-parole de l’intruse multiplie arrogance, invective envers des personnes et groupes( appelés ennemis ou mains étrangères sans les nommer), promesses ,maladresses et contradictions à la hauteur de tout ce que pense l’opinion algérienne de l’institution qu’il dirige. En effet, Gaid Salah s’arroge le droit de réponse, devenu rituel, à un peuple qui lui demande de dégager à l’instar de ce qui est demandé à ses compères de la nomenklatura qui ont pris la patrie en otage. Tantôt, il annonce la pluie tantôt le beau temps. Un  » Gaid Météo » veut-il se prénommer ,peut être, pour se prémunir contre un cyclone qui le mettrait dans son œil. Le grand peuple a compris son jeu malsain au bout de sa dixième descente le vendredi passé. Toute la rue et à travers tout le pays a entonné le dernier chant dédié à sa qualification . Un chant ayant pour titre: Reïs El Issaba ou chef de bande avec des refrains aussi significatifs les uns que les autres tels: Ayadi khadjiya rahi fil Mouradia (la main étrangère est au siège de la présidence) ou: système tayeh tayeh, eddi mââk Gaid Salah ( système, tu part emmène avec toi Gaid Salah). Le chant lui parvint tel celui de la sirène et les quelques jours qui le séparaient de ses rituels de mardi(pour une réponse) et de mercredi(pour la contre réponse), ont « taraudé la langue » à ses scribouillards .Le délire l’a emporté sur la raison qu’attendait le peuple. Gaid, de constantine, voit le peuple partager son plan. Oui le peuple qui le somme de s’occuper de sa guérite est devenu son suppôt. C’est pas facile qu’on entend le chant des sirènes hein!. Il voit le peuple à travers les peuplades des peaux pouilleuses de Talaiou El Houriet, d’un Abdelmadjid Menasra, d’un douktour du fin fond d’El Moustakbel et de celles de ses traditionnels et inconditionnels danseuses du ventre.

Maître Météo GS demeure « con-vaincu » qu’ adopter le dialogue « con-structif » avec les « Institutions de l’Etat  » est « lu et unique » moyen de sortir de la crise. A moins que cela soit un dialogue « armée – Gaid salah » ,de quelles institutions parle-t-il? De la présidence 102? ou du gouvernement installé par celui là même qu’il a lui-même qualifié de El Issaba? Le chant des sirènes est porteur de tous les motifs d’indignation. Alors ,algériens et algériennes indignez-vous encore et encore jusqu’à leur départ réel et irréversible!.

Kamel Aid

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