Appel à la transition : Une intention mal cachée de Taleb Ibrahimi de rentrer en piste ?

L’appel lancé ce samedi par Ali Yahia Abdennour, Taleb Ibrahimi et Rachid Benyelles, est réglé comme un papier à musique pour plaire au peuple. Les mots sont bien choisis, l’analyse est presque juste et la solution, même générique dans sa formulation, est en conformité avec les attentes de la situation actuelle. Et comme rien n’est parfait, le texte comporte une petite phrase qui dévoile une intention mal cachée de Taleb Ibrahimi de briguer le poste de directeur de cette transition tant souhaitée.

« Une période de transition de courte durée, conduite par des hommes et des femmes n’ayant jamais appartenu au système profondément corrompu des vingt dernières années ». Circonscrire le panel des exclus aux seuls hommes et femmes ayant appartenu au système des vingt dernières années ouvre la voie de participation aux vieux apparatchiks du système exclus par Bouteflika, dont Ahmed Taleb Ibrahimi. Se limiter à faire le procès de l’ère Bouteflika et épargner les différentes phases aussi cruelles qu’iniques  de tout le système politique né et entretenu depuis le coup d’état de l’été 1962, c’est faire dans le raccourci des braves.

La crise est éminemment politique. Elle prend racine des différends mauvais départs connus par l’Algérie post-révolution. De ce fait, la rigueur dans le diagnostic est requise, et dans cette phase de grandes manœuvres, chaque virgule a son pesant d’or.

La transition politique souhaitée par le peuple doit être gérée par des personnalités issue du mouvement populaire, choisies par le peuple selon des modalités à définir. Mais elle ne peut en aucun cas être conduite par des hommes du système, tout le système, sans distinction de parrain ni de période. Et à cette aune que s’apprécient les intentions des uns et des autres.

Arezki Lounis

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