Elle invoque la théorie du complot: l’ANP s’oppose indirectement à la transition

L’ANP ne veut pas d’une période de transition. Du moins pas comme le demande l’ensemble des partis de l’opposition et le mouvement populaire qui continue de manifester dans la rue, depuis le 22 février denier.

Cette fois-ci, ce n’est pas le chef d’Etat-major, Ahmed Gaïd Salah, qui en a parlé, mais l’ANP à travers son organe officiel, la revue El Djeich. Dans l’édito de sa publication périodique, la grande muette dénie aux Algériens le droit de revendiquer une période de transition, en invoquant la théorie du complot.

« En vérité, durant ses marches pacifiques, le peuple algérien qui a exprimé sans aucune ambigüité ses revendications légitimes qui portent dans l’ensemble sur l’avènement d’une Algérie nouvelle, a fait montre d’une grande conscience de l’importance des défis et du caractère sensible de la conjoncture que traverse notre pays, tout comme il est au fait de la nature abjecte du plan que certaines parties voudraient mettre à exécution par procuration pour certains parrains désormais connus de tous », lit-on dans ce texte, qui est un mélange de littérature militaire et d’accusation de parties inconnues.

Reprenant le contenu des discours précédents d’Ahmed Gaïd Salah, l’éditorialiste d’El Djeich estime encore que « nul n’ignore que les exécutants de ce plan machiavélique, ceux qui leur ont confié cette tâche et ceux qui gravitent dans leur giron, ont attendu, durant toutes les années passées, la moindre occasion pour le mettre à exécution en ayant recours à diverses voies et moyens ».

«Après que le peuple algérien les ait démasqués et rejetés fermement et définitivement, ils ont fait de certains canaux d’information connus et des réseaux sociaux un moyen pour tenter de réaliser des agendas douteux, en menant des campagnes méthodiques autant que tendancieuses dans le but d’abuser l’opinion publique pour distiller leurs mensonges et leurs élucubrations dans une vaine tentative de porter atteinte au lien existentiel et étroit qui unit le peuple à son armée, d’ébranler sa cohésion et la confiance mutuelle qui les anime », lit-on dans ce texte.

Et d’ajouter : « Par des voies multiples dont la plus courante est de faire pression, à travers des «messages ouverts», «débats», «avis» et «points de vue» publiés dans les colonnes de certains médias, appelant à une période de transition calquée à leur mesure, durant laquelle ils se conduiront comme il leur plaira et feront passer leurs projets et les agendas de leurs parrains qui vouent à l’Algérie et à son peuple une haine et une rancœur infinies ».

L’ANP, à travers cet article, dénie même le droit au mouvement d’avoir des représentants. « Afin de concrétiser leurs vils desseins, ces revanchards tentent de mettre la main sur ce «Hirak» pacifique et de prendre le train en marche pour servir leurs intérêts étroits en s’autoproclamant porte-parole du peuple, dans l’espoir de brouiller les cartes et de semer la confusion. Dans leurs manœuvres criminelles, ces mêmes parties n’oublient pas de lancer des campagnes féroces à travers certains porte-voix qui véhiculent toute leur rancœur à l’encontre de l’ANP », estime encore l’institution militaire.

Massinissa Ikhlef

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