La société civile de Tizi Ouzou dresse un violent réquisitoire contre Ahmed Gaïd Salah

La coalition de la société civile de Tizi Ouzou a adressé, vendredi passé, une lettre au chef d’état major. C’est un réquisitoire d’une rare virulence à l’encontre de l’état major de l’ANP et de son chef, le général de corps Ahmed Gaid Salah.

Le ton est donné dès l’entame de l’adresse. « Nous nous adressons à vous, parce que vous vous êtes donné le droit de vous adresser à nous, parce que vous vous emparé de la fonction présidentielle, parce que vous voulez imposer une démarche que le peuple dans son ensemble rejette, parce que vous continuez à exercer sur l’Algérie la main mise autoritaire que vous avez héritée de vos prédécesseurs », expliquent dès le prime abord les rédacteurs de la lettre.

Pour cette coalition de la société civile, « l’emprise de l’ANP sur la vie politique, économique et sociale de l’Algérie a encouragé la naissance puis le développement d’un clientélisme sclérosant empêchant les plus compétents d’accéder aux postes de responsabilité. C’est ainsi que s’est constituée une bande de prédateurs  enfouis dans toutes les institutions de l’État y compris dans les plus névralgiques d’entre-elles, en l’occurrence : l’armée et la justice ».

Les rédacteurs de la lettre ne font pas dans la réserve pour asséner les vérités amères à  Gaïd Salah. « Lorsque vous avez compris que le peuple était irrémédiablement contre le cinquième mandat, vous avez usé de votre position pour lui imposer de se retirer alors que vous étiez l’un de ses fervents défenseurs. Vous avez préféré sacrifier Bouteflika  pour sauver le régime dont vous avez toujours été le pilier principal. », écrit crûment la coalition de la société civile.

On reproche au chef d’état major d’être à la fois « le chantre de la défense de la constitution » et celui qui la piétine, du moment qu’aucune disposition ne l’autorise à « s’adresser au peuple ni à lui dicter sa conduite ».

Le chef d’état major est brocardé pour son immixtion dans la sphère politique et son outrecuidance de « s’ériger en procureur de la république » en décrétant « des poursuites judiciaires contre des civils et des militaires ». « Or ces dernières ne peuvent et ne doivent être enclenchées que par une justice délestée du poids des incursions politiques, administratives et militaires », font comprendre les rédacteurs de la lettre à leur destinataire. 

La coalition de la société civile clôt son adresse avec un ton moins virulent en appelant le chef de l’Armée qui préside « l’unique institution légale » à prendre ses responsabilités en accompagnant le peuple dans le changement qu’il ne cesse d’exiger. « Ce changement ne saura être effectif sans le départ de tous les symboles du système et l’instauration d’une période de transition démocratique qui aboutira à l’avènement d’un État de droit », conclut les rédacteurs de la lettre.

Notons que la coalition de la société civile est né dans le sillage du mouvement populaire en cours. Plusieurs organisations et collectifs en font partie dont : le collectif des avocats pour le changement et la dignité, collectif des journalistes pour les libertés, collectif des travailleurs de la jeunesse et du sport, collectif des médecins, LADDH et la Maison des droits de l’Homme de Tizi Ouzou.

Nadia Mehir

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