Le dialogue que veut Gaid Salah pour faire sortir le système en place de sa crise

Ahmed Gaïd Salah est un chef d’armée qui refuse de déclarer perdre bataille face à … son peuple. Il ne désespère pas de voir le rapport de force tourner en sa faveur. Acculé par l’opposition unie et ferme du peuple à son plan de sauvetage du système en effritement, le Général Ahmed Gaïd Salah adopte un autre langage plus conciliant, moins belliqueux et plus enclin à la concession.

De Tamanrasset, il ne tire plus à boulets rouges sur tout ceux qui se mettent de travers. Il a compris que ses cartouches ne sont plus que pétards mouillés. Alors il change d’approche dans l’espoir de ramener le maximum dans son rang. Il propose un « dialogue sérieux, rationnel, constructif et clairvoyant, qui place l’Algérie au-dessus de toute considération » avec « les institutions de l’État ».

Par «  institutions de l’État », le général Gaïd Salah désigne la chefferie de l’Etat et à un degré moindre la chefferie du gouvernement : deux entités occupées par les personnes les plus vomies par le peuple.

Le caractère rationnel du dialogue voulu par Gaïd Salah veut dit tout simplement l’abandon du slogan « Yetnahhaw gaâ », abondamment scandé par le peuple Algérien 3 mois durant, et l’acceptation de se mettre à table avec Abdelkader Bensalah, l’homme de main et de confiance du président déchu.

Et il n’est pas nécessaire d’être un diplômé de l’ENA ou de Sciences Po pour comprendre que la clairvoyance et la constructivité voulues par Gaid Salah  sont une convocation osée à retreindre la palabre aux seuls cotés techniques en rapport avec l’organisation des présidentielles.

Bref, « un dialogue de dupes » comme l’a si bien qualifié le président du RCD, que nous propose le chef d’état major pour sortir de la crise ou plutôt faire sortir le système en place de sa crise.

Ahmed Gaïd Salah semble décidé à reporter les élections présidentielles du 04 juillet à une date ultérieure sans fixer de date pour ne pas subir une autre Bérézina le jour J. Il compte prolonger la crise autant qu’il peut dans l’espoir de voir le mouvement s’essouffler et , ainsi, reprendre contrôle définitif du destin national. Le système en place semble être la prunelle de ses yeux.

Arezki Lounis

vous pourriez aussi aimer Plus d'articles de l'auteur

%d blogueurs aiment cette page :