Réponse du syndicat des magistrats à Gaïd Salah : « Nous refusons de travailler sous la pression »

Le syndicat national des magistrats vient de donner une réponse cinglante au chef d’Etat-major de l’ANP qui presse, depuis quelques semaines, la justice à ouvrir des dossiers dits de « corruption ». Il se met en outre comme seul et unique protecteur contre toute allusion, insinuation ou pression dont serait sujet les juges.Une manière de dire au premier responsable de l’Armée que la question de protection des juges qu’il donne comme gage d’engagement au près du peuple, est désormais du ressort du SNM.

En effet, les discours d’Ahmed Gaïd Salah dans lesquels il réitère, à chaque fois, ses appels insistants à la justice pour s’attaquer à tous les dossiers sans délais, suscite la réaction du syndicat qui dit : « non aux injonctions ». Sans le citer nommément, le syndicat des magistrats s’adresse directement au vice-ministre de la Défense, accusé par des observateurs de s’être attribué des prérogatives qui ne sont pas les siennes.

Le syndicat n’a pas fait des détours pour dénoncer toutes les interférences dans le travail de la justice. « Le juges refusent qu’ils soient traités comme un appareil qui ne bouge que sur tantôt des instructions et tantôt sur convocation. Ils tiennent à leur droit constitutionnel d’être un pouvoir indépendant qui exerce ses missions, suivant le principe de la légalité et d’égalité (…) Ils traitent toutes les catégories de la société sur le même pied d’égalité et appellent tout le monde à leur faire confiance, sans tutelle n’est pression », explique le syndicat dans son communiqué.

Rejetant toutes les accusations dont fait l’objet de le corps des magistrats, le syndicat affirme aussi que « l’unique garantie et l’unique protection de la justice et des magistrats ne peut venir d’aucune partie extérieure au pouvoir judiciaire ».

« Cette garantie se concrétise par une série de procédures consacrant l’indépendance totale de la justice, et cela à travers la révision des lois et du cadre régissant le travail du juge et son parcours professionnel», explique encore l’organisation.

Poursuivant, le syndicat s’engage à apporter « son soutien matériel et moral aux magistrats en se dressant devant celui qui veut porter atteinte à leur indépendance, soit avec des déclarations, des allusions ou tout autre agissement en se constituant partie civile ».

« On ne peut parler d’une justice indépendante qui jouit d’une protection à la lumière des lois et du cadre légal actuels régissant le parcours professionnel des magistrat. Car ils ont prouvé leur inefficacité. C’est pourquoi l’appel à une nouvelle Algérie libre, suppose aussi obligatoirement un appel à la liberté et à l’indépendance de la justice en la débarrassant de toutes les entraves matérielles et humaines », précise l’organisation.

Massinissa Ikhlef

  

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