Sorti en masse, le peuple Algérien crie : « Gaïd Salah dégage ! »

« Gaïd Salah dégage ! ». De tous les slogans scandés durant les 12 vendredi de contestation, jamais un autre slogan n’a été aussi unanimement crié avec rage et conviction. Le discours provocateur de Bensalah, l’éditorial au vitriol d’« El Djeich » et l’arrestation inexplicable de Louisa Hanoune ont fini par lâcher la colère contenue du peuple contre le chef d’état major.

Devant la Grande Poste, à Place Audin, sur les boulevards Amirouche, Hassiba et Didouche, le fameux slogan « Yetnahaw gaâ » a cédé généreusement le pas et la voie à « Gaïd Salah dégage ! ».

La mobilisation n’a pas faibli. Le soleil torride et le jeûne n’ont entamé en rien la résolution des Algériens à sortir en masse exprimer leur choix de bâtir une république. « Djoumhouria machi caserna » ( C’est une république et non une caserne ) scandent rageusement les milliers de manifestants pour signifier clairement au général Gaïd Salah que ses velléités de transformer le régime maffieux décrié en junte militaire ne sont pas acceptables.

La feuille de route de l’homme fort des Tagarins, axée essentiellement sur l’organisation précipitée d’une présidentielle sous l’œil vigilant de Bensalah et Bedoui, hommes-symboles du régime finissant, a été clairement rejetée. « Makach intikhabat ya Îssabat » ( pas d’élections, espèce de bande ! ) chantent les manifestants le long de la manifestation.

Dans toutes les villes algériennes, les mêmes séquences sont enregistrées. Le peuple Algérien s’est donné le mot de ne pas céder au défaitisme ni laisser tomber son projet de société. Les manœuvres et les opérations de charme, les images de divertissement et la fausse lutte contre la corruption sur fond de règlements de compte,  servies par le général Gaïd Salah n’ont pas fait perdre la boussole aux citoyens, plus que jamais déterminés à arracher leurs droits et leur liberté.

Notons enfin que dans plusieurs villes du pays, des buffets gigantesques sont prévus pour permettre aux manifestants qui ne peuvent pas rejoindre leurs domiciles à temps de rompre le jeûne sur place. A Bordj Bouareridj, devenue capitale intérieure de la révolution, un taureau a été sacrifié hier pour la circonstance.

Arezki Lounis

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