Algériens du Canada : le drapeau amazigh flottera toujours et l’Algérie vaincra

La Place du Canada a vécu un premier dimanche estival haut en couleur. Et c’était le cas de le dire. Aux couleurs de l’emblème amazigh, se sont mêlées celles des drapeaux d’Algérie, du Canada et du Québec. Une mosaïque de couleurs chatoyantes et flamboyantes qui irradiaient de la joie dans l’air de Montréal et enchantaient les nombreux manifestants venus tenir leur 18e rassemblement en soutien à la révolution du Sourire. Le tout sous le ciel bleu azur de Montréal et dans une ambiance des plus fraternelles.

De notre correspondant à Montréal : S. Amrane

Cette scène aurait certainement déplu au mastodonte Gaïd Salah qui, quatre jours auparavant, avait attaqué frontalement l’emblème amazigh en menaçant de représailles tout Algérien arborant ce symbole d’appartenance à une identité plusieurs fois millénaire. Un emblème d’unité fièrement brandi et assumé désormais par tout un peuple dans tous les coins du pays et au-delà.

En effet, ils sont venus de partout, de la ville de Québec, d’Ottawa et d’autres villes limitrophes de la métropole québécoise pour accomplir leur devoir patriotique, mais aussi et surtout pour donner du sens et de la substance à cette solidarité algérienne qu’ils veulent comme digue inébranlable et infranchissable préservant la révolution citoyenne en cours contre les coups de boutoir de ceux qui ont pris le pays en otage.

Les présents au sit-in de ce dimanche 23 juin 2019 ont vigoureusement dénoncé le général Gaïd Salah, à qui ils ont encore une fois rappelé l’exigence de « dégager ». Un groupe de femmes, toutes tenant le drapeau amazigh en main et s’adonnant à cœur joie aux prises de photos pour immortaliser cette journée, ont tenu à répondre au chef d’état-major : « N’en déplaise à ce général, le drapeau amazigh flottera partout où l’on va. Il est notre identité et nul au monde de pourra nous en déposséder.» « Nous sommes tous algériens et amazighs. Autant nous chérissons l’étendard national, autant nous sommes jaloux de l’emblème amazigh. Ces deux drapeaux ne sont pas en concurrence. Ils sont les ingrédients du ciment national. L’Algérie vaincra contre ces bandits… Comme on a chassé le colonialisme en 1954-1962, on chassera maintenant ces indus gouvernants. Ne tombez pas dans le jeu de ces diviseurs, restez unis et solidaires, le peuple algérien vaincra. », avait lancé, de son côté, cette honorable femme de 78 ans, en visite chez son fils à Montréal, et qui n’a pas hésité à venir au rassemblement à la Place du Canada, malgré le poids de l’âge.

Kamel, un professionnel de la presse écrite, originaire de Biskra et installé au Québec depuis plus de quinze ans, n’avait pas lui aussi cherché ses mots pour tourner en dérision la menace de ce militaire octogénaire : « Qui écoute ce vieux qui radote ? Il dira ce qu’il voudra, les drapeaux s’en foutent. ils flotteront quand il y a du vent. Et quand il n’y en a pas, eh bien, nous soufflerons très fort, dussions-nous y crever un poumon ! »

Il est une évidence que le drapeau amazigh, à l’instar de notre cher drapeau national, se hissera toujours plus haut et flottera éternellement. Tandis que ceux qui rament à contre-courant de l’histoire, en semant la haine et la division, couleront, telles des épaves, dans les abysses de leurs turpitudes. Et point d’émersion.

S. Amrane

%d blogueurs aiment cette page :