BEM, le ministre de l’éducation nationale : « j’espère qu’il  n’y aura pas beaucoup de triche »

Les examens de fin d’année se sont déroulés en Algérie, cette fois-ci encore et comme d’habitude, dans « une situation normale » et les sujets « à la portée de tout le monde » selon le jargon officiel. Cette appréciation est reprise depuis de nombreuses années, à la pavlovienne, aussi bien par les parents d‘élèves, les candidats eux-mêmes mais de moins en moins d’enseignants, avec l’arrivée sur le terrain des syndicats autonomes moins formatés et donc plus critiques. Comme quoi, le pluralisme syndical et la liberté en général cassent l’unanimisme et la pensée unique et c’est une bonne chose pour le pays.

Le ministre de l’éducation nationale A. Belaabed  est intervenu, hier, au premier jour de l’examen du BEM (Brevet d’Enseignement Moyen) mais c’est pour « espérer qu’il n’y aura pas beaucoup de triche. » Or, les moyens mis en branle pour qu’il n’y ait pas « de triche du tout » n’ont apparemment pas convaincu le premier responsable d’un secteur moribond.

Au premier jour de l’examen du BEM entamé hier 09 juin, il y a eu 200 absents au niveau de la wilaya de Bouira. Combien de candidats sont-ils absents au niveau national ? Les raisons sont à chercher dans cette déliquescence générale de l’Etat et en particulier du ministère de l’éducation nationale.

Les examens et les réseaux sociaux  

 A chaque examen, depuis un certain nombre d’années, c’est la hantise des fuites des sujets et leur diffusion sur facebook notamment. Après la panique, le branle-bas de combat propagandiste et médiatique mais sans effets du moment qu’on ne s’attaque pas au mal. Les autorités, ne pouvant maitriser l’organisation des examens, choisissent toujours la solution de facilité et préfèrent pénaliser le citoyen en coupant l’internet.

Ni les caméras de surveillance installées dans les centres d’examens ni les brouilleurs d’émissions n’ont été efficaces et n’ont pu sauver du piratage les sujets de certaines matières. Pour « remédier » à cette situation, un véritable état de guerre est installé dans les établissements scolaires mettant mal à l’aise tout le personnel mais surtout l’élève et l’empêchent de se concentrer. Un psychologue dit avoir « regretté le communiqué du ministre de l’éducation nationale affirmant avoir fait appel aux services du MDN (Ministre de la Défense Nationale) pour sécuriser les examens. » Et le psychologue de se demander « a-t-on vraiment besoin de rendre public une telle information ???»   

Il y a trois ans, des responsables de l’ONEC (Office National des Examens et Concours) ont été estés en justice, d’autres ont été arrêtés  et se sont retrouvés en prison. Qui étaient les véritables responsables des fuites ?  Fallait-il seulement des boucs émissaires pour calmer les protestataires ?

Un proverbe bien de chez nous qui rend si bien une telle situation, dit «yeqqes-it warẓan, yerra zεaf γef yebẓiẓen » (piqué par une guêpe, il s’énerve contre les sauterelles). 

  Slimane Chabane 

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