- Advertisement -

« La Contre Révolution » en Trois Actes.

« La Contre-révolution » est le titre de la dernière pièce théâtrale signée Gaïd Salah. Depuis sa découverte du monde politico-théâtral, l’ ex-« auto- didacte souffleur « de la scène militaro-politico théâtrale, promu comédien en chef à l’aube de ses quatre-vingts ans puis metteur en scène depuis avril 2019 ,crée le buzz à Bechar. La pièce, du genre dramatique, appelé par les dramaturges théâtre radical car son objectif est de taquiner le public, comme toutes les autres qu’il a signé, s’est jouée en trois actes et en trois jours. Prenant à contre- pied le public nombreux habitué à son style » en deux actes :thèse et antithèse ».

La pièce se veut une imaginaire solution à baillonette à la crise que vit un pays qui a pour nom l’Algérie. Un pays continent de l’Afrique du nord au profondeurs historiques qui échappent bel et bien aussi au scénariste qu’au metteur en scène. Un pays qui a mené tant de guerres pour se libérer des colonialismes successifs qu’il a connu. La dernière était celle qu’il a remportée face à la quatrième puissance militaire mondiale au milieu du vingtième siècle, à armes inégales, grâce à l’abnégation ,l’intelligence mais grâce surtout à ce capital culturel et identitaire dont il a hérité les valeurs. Le comédien, même enrôlé dans cette épopée ,s’est retrouvé éternel serviteur d’une bande de malfrats qui ont pris en otage et pillé ce pays depuis son indépendance en 1962.

Acte premier:

L’acteur fait donc son entrée sur scène à la façon de son ancien colonisateur. Il fait l’éloge de son armée et de sa force après une inspection des manœuvres de l’opération « Issar 2019 », une armée dont le public et tout le peuple d’Algérie aurait pu être fier si elle se limitait à son rôle constitutionnel . Cependant, la finalité est tout autre chose. Gaïd la brandissait ,dans ce premier acte, contre les réfractaires à sa solution « constitutionnelle »: Une présidentielle dont il gratifiera un heureux élu qui lui en sera reconnaissant y compris parmi certains « opposants » au régime mais « amis du système .Le décor est à l’imparfait militaire menant une guerre sans merci au futur.

Acte deuxième

Dans le deuxième acte, il réitère sa position première et sans avoir à se contredire car cette fois- ci assumant son rôle du premier acteur du pays. D’un air menaçant, il joue le sénile. Un rôle dont il excelle, vu son âge. Il feint ,en bon comédien, de se souvenir que les deux derniers amendements ou plutôt les deux dernières violations de la constitution qu’il sacralise, se sont passées sans l’avis du peuple et lance sur scène » le peuple qui ne peut être le destructeur de sa propre réalisation et ne peut être au dessus de cette même constitution . Les articles 7 et 8 sont mal interprétés « . Il sous-entend aussi que sans la constitution de Boutef , il ne serait plus là .Donc plus de théâtre auquel nous sommes habitués depuis 1962. Nous rentrerons donc dans un tunnel obscur .Nous nous priverons donc de la « lumière » dont le système nous gratifie .Puis d’un air menaçant, il prévient du « danger » qui le mettrait ,lui ,son théâtre et toute la littérature qui l’accompagne hors état de nuire. Le danger est bien sûr Un Etat avec d’autres standards, d’autres idées et d’autres projets idéologiques. Le danger: Un antidote qu’attendent les millions d’algériennes et d’algériens.

Acte troisième

l’acte final est militaire à tous les temps et à tous les modes. Un peu du texte du scénariste mêlé à l’improvisation car intervenant le lendemain de la naissance de l’appel des forces du changement démocratique ayant eu lieu contre son attente et qui a du le malmener. L’acte et le script étaient ceux du coup du « millimètre », sa réelle dimension intellectuelle et humaine. Le Général de la « comédie nationale », jouant toujours au sénile car oubliant que son ex-chef et promoteur , Boutef, a constitutionnalisé l’identité et la langue amazigh, s’est offert le « funèbre luxe » d’aller à contresens de la raison et des valeurs qui font de ce peuple un repaire de résistances et de luttes pour le monde. Il déclare la vraie guerre à l’emblème de la liberté.

Le général de la contre-révolution « réussit » un coup théâtral : Celui de taquiner les algériens et de les unir contre lui . Il perd par contre deux guerres: Celle de la constitutionnalité de l’arrestation de dizaines d’algériens ayant brandis l’emblème de l’Amazighité et surtout une guerre morale qu’il croyait remporter contre deux femmes à Sétif . S’ il es vrai qu’elle sont vraiment armées de leur convictions progressistes, étant l’une Coordinatrice Nationale et l’autre coordinatrice régionale de Tizi ouzou de la Coordination des Femmes Progressistes du RCD et de surcroit avocates, mais déchaîner un arsenal policier contre de telles femmes est le signe de la sénilité politique, militaire, identitaire et culturelle. Le bras armé de la contre révolution

Kamel Aidli

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More

%d bloggers like this: