Les forces contre-révolutionnaires trop présentes : l’initiative de la société civile risque un grand échec

La Conférence nationale de la société civile prévue le 15 juin risque de connaitre un flop. Les 71 associations réunies hier pour la 4e fois ne sont pas sur la même longueur d’onde. Le constat de la situation et les solutions préconisées butent sur des divergences de fond et de forme qui risquent de noyer le projet, assure une source qui requiert l’anonymat. Cette énième rencontre s’est terminée  sans accord sur les principes de la feuille de route et sur les modalités d’organisation de la rencontre du 15 juin. Les forces de la contre-révolution, très présentes dans les conclaves,  veulent lancer une OPA sur l’initiative.

Les forces pro Hirak ont été stupéfaites par la proposition d’une feuille de  route qui ne correspondait pas à ce qui avait été discuté en comité de rédaction. Les opposants au document, présenté en ouverture, reprochent à ses initiateurs une trop grande insistance sur les élections comme mode de règlement de la crise alors qu’il importe au préalable de réformer la constitution et d’abroger les lois liberticides. Les préalables démocratiques tels que la libération des prisonniers d’opinion, le respect du droit de manifester, l’arrêt de la guerre contre le mouvement démocratique dans le cyberespace et les médias, sur lesquels se sont entendus les participants ont carrément sauté de la mouture présentée. La nécessité d’opérer un réel transfert de la souveraineté au peuple et d’établir un État civil neutre n’a nullement été mentionnée dans le document.

Les opposants à la feuille de route telle qu’elle est déroulée en ouverture des travaux ont fait savoir qu’ils ne sont pas encore en transition démocratique tant que ces préalables ne sont pas remplis et qu’il n’y aura pas de vide juridique si les forces citoyennes et politiques sont en accord pour activer les articles 7 et 8 de la constitution. Ces forces pro Hirak ont aussi estimé qu’il n’est pas possible d’inviter des partis politiques dans les circonstances actuelles.

Notre source estime que l’initiative de la société civile, sous représentée par la jeunesse et les femmes,  tend de plus en plus vers un alignement sur l’agenda du système et pas sur celui du hirak. Surtout avec une présence trop remarquée de personne pro système et de représentants de partis politiques tel que le MSP, ayant leur propres agendas.  « Nous courrons le risque de nous décrédibiliser vis-à-vis du mouvement populaire », juge notre source.

Moussa T

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