MaMa : Exposition en hommage au grand compositeur Ahmed Malek

Hier, samedi, le Musée Public National d’Art Moderne et Contemporain d’Alger (MaMa) a accueilli un aréopage d’artistes et de personnalités de la culture, venu assister au vernissage de la très attendue exposition en hommage au grand compositeur et musicien Ahmed Malek.

Organisé en partenariat avec le Goethe-Institut Algérie et le label allemand Habibi Funk, ce rendez-vous placé sous le thème « Planète Malek » offre une belle rétrospective du parcours artistique du défunt, à travers une très riche exposition d’archives inédites d’Ahmed Malek réunies par ses filles Maya et Henya. Cette exposition inaugurée en fin de journée, « met en valeur certains épisodes d’une vie singulière et hétéroclite à travers des photos de grande qualité – capturées par Danielle Berkmans, sa femme- plusieurs articles de journaux parlant de son travail, des documents contenant des interviews et extraits de films, sans oublier le documentaire « Planet Malek » (réalisé par Paloma Colombe) produit début 2019 ». D’autre part, cette monstration, visible jusqu’au 31 juillet prochain, invite le visiteur à « se plonger dans l’univers musical d’Ahmed Malek à l’aide des postes interactifs mis à disposition » ou encore des objets hétéroclites lui ayant appartenu et figurant en bonne place dans cette exposition.

Dans la matinée, le public présent a pu assister à une rencontre-débat mettant en lumière la vie et le parcours du grand compositeur, malheureusement peu connu en Algérie notamment par la jeune génération.

La matinée a également été marquée par la projection du cours métrage « Kawkab Malek » (Planète Malek) réalisé par la DJ franco-algérienne Paloma Colombe. D’une durée de 20 minutes, ce film sorti cette année, dresse un beau portrait du compositeur, à travers des témoignages de ses proches (amis, collaborateurs) mais aussi et surtout de sa fille Henya qui évoque son père dans sa maison sur les hauteurs d’Alger. Un havre où il a composé la majeure partie de son œuvre mémorable.

Natif de Bordj El Kiffan le 6 mars 1932, Ahmed Malek en sa qualité d’aîné d’une famille modeste de 5 enfants va, très jeune, commencer à travailler dans des usines pour aider son père à subvenir aux besoins de la famille. Alors qu’il n’a que 12 ans, Ahmed perd sa maman, c’est à ce moment-là qu’il décide de devenir musicien. Une fois sa scolarité achevée, il s’inscrit au conservatoire d’Alger. Sa carrière de musicien lui permet de voyager dans de nombreux pays et de participer à divers événements artistiques comme le Festival d’Helsinki en 1962 ou la première exposition universelle en 1967 à Montréal, où il représente l’Algérie.

En octobre 1968, il se marie à Ottawa au Canada. Deux ans plus tard, sa fille Henya voit le jour, à l’autre bout du monde, à Osaka au Japon puis, en 1973 nait sa deuxième fille, Maya, à Alger.

Henya, d’Ahmed malek

Continuant à s’inspirer de ses voyages, Ahmed Malek compose sans relâche. Il occupe aussi beaucoup la scène artistique. Il est notamment soliste de flûte de l’Orchestre symphonique au Festival panafricain d’Alger en 1969. En 1972, il reçoit le premier prix des « Arts et des Lettres de la composition » pour les compositions symphoniques créées pour le 10ème anniversaire de l’indépendance. Deux ans plus tard, il est professeur de flûte au conservatoire d’Alger. 

Années 70, années prolixes

C’est durant les années 1970 qu’il compose quelques-unes de ses bandes originales les plus emblématiques avec « Les vacances de l’inspecteur Tahar », « Omar Gatlato », « Leila et les autres » et on en oublie encore… A l’étranger, il continue à représenter l’Algérie lors d’événements comme l’exposition universelle d’Osaka, Japon en 1970.

Dans les années 1980, il devient membre du jury du XVIIème « Prague d’or », un festival international en Tchécoslovaquie. Durant cette période, il commence à voyager à Cuba en partie à travers sa passion pour la musique électronique. Entre 1981 et 1998, il séjourne huit fois à Cuba. Il visite aussi les Etats Unis à l’occasion du Festival de Baltimore sur invitation de la compositrice et curatrice Vivian Adelberg Rudow. Il sera également aux « Tribunes de Musique Africaine » à Dakar, Brazzaville, Tunis et à Alger.

En 1987, Ahmed Malek reçoit un grand prix national pour son travail de composition de musiques de films. Il poursuit, dans les années 1990, son travail sur des bandes originales pendant ses voyages en France notamment pour le Festival de Bourges auquel il participe six fois. En 1992, il est désigné responsable des activités artistiques au Pavillon Algérien à l’exposition universelle de Séville, Espagne.

A la fin des années 1990, sa santé décline. Il arrête de parcourir le monde et, peu après, prend sa retraite. Il meurt le 24 juillet 2008, chez-lui, à El Mouradia. Il laisse derrière lui un héritage musical d’une très grande valeur.

Kahina A.

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