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Mohcine Belabbas : « L’état major de l’armée est transformé en Haut comité de transition »

Le pays a bouclé soixante jours depuis que Bouteflika a déposé sa démission. Le président du RCD, Mohcine Belabbas, fait pour l’occasion l’inventaire politique de   cette« Algérie sans Bouteflika ». Une Algérie où « l’État-major de l’armée s’est transformé en une sorte de Haut comité de transition décidant de tout et envoyant ses messages les plus importants par l’intermédiaire de son chef Gaid Salah ». Le bilan tiré est pour le moins désastreux.

« Des causeries hebdomadaires sans vision ni perspectives du vice-ministre de la défense suivies de menaces sans discernement ; des institutions politiques paralysées ; Aucun dialogue entamé, aucune affaire de justice n’a été élucidée, des abus manifestes de la détention provisoire, une répression assumée, le refus entêté de libérer les nombreux détenus d’opinions qui croupissent toujours dans les geôles du régime ; Une panne de l’investissement économique et de l’initiative gouvernementale avec des ministres cantonnés dans l’hôtel Aurassi », d’après le constat du président du RCD.

Pour Mohcine Belabbas, cet échec retentissant vient d’Ahmed Gaid Salah qui « manque d’ambition pour l’Algérie. « Réduire la demande citoyenne de la construction d’un État de droit à de simples considérants logistiques et techniques de l’organisation d’une élection présidentielle est plus que problématique », souligne le chef du parti progressiste.

Nadia Mehir

Voici 60 jours que Abdelaziz Bouteflika a déposé sa démission au conseil constitutionnel sur ordre de son vice-ministre de la défense et chef de l’État-major de l’armée. La révolution du 22 février ayant en effet précipité la chute du cercle présidentiel et encouragé les clans au pouvoir à en découdre ente eux.

Depuis, l’État-major de l’armée s’est transformé en une sorte de Haut comité de transition décidant de tout et envoyant ses messages les plus importants par l’intermédiaire de son chef Gaid Salah. Malgré les promesses faites au départ pour accompagner le mouvement populaire pour rendre sa souveraineté au peuple, aucun dialogue n’a été initié avec les acteurs politiques ou de la société civile pour réunir les conditions d’un retour du pouvoir réel aux civils. D’échec en échec, ils ont fini par montrer une inaptitude criarde à gérer la crise constitutionnelle et politique. Le dernier échec étant celui de l’organisation de l’élection présidentielle programmée pour le 04 juillet et dont l’annulation vient d’être actée par ce qui fait office de conseil constitutionnel.

Quel bilan retenir de ces deux derniers mois ?
Des causeries hebdomadaires sans vision ni perspectives du vice-ministre de la défense suivies de menaces sans discernement, des institutions politiques paralysées ;
Aucun dialogue entamé, aucune affaire de justice n’a été élucidée, des abus manifestes de la détention provisoire, une répression assumée, le refus entêté de libérer les nombreux détenus d’opinions qui croupissent toujours dans les geôles du régime ;
Une panne de l’investissement économique et de l’initiative gouvernementale avec des ministres cantonnés dans l‘hôtel Aurassi.

Pourtant, une dynamique de débats et d’initiatives dans la société est perceptible. Des propositions de sorties de crise qui pour l’essentiel s’appuient sur les grandes lignes de la feuille de route du RCD fleurissent. Le consensus citoyen sur une période de transition constituante est largement partagé.

En définitive, ce qui inquiète le plus dans la démarche de Ahmed Gaid Salah est son manque d’ambition pour l’Algérie. Réduire la demande citoyenne de la construction d’un État de droit à de simples considérants logistiques et techniques de l’organisation d’une élection présidentielle est plus que problématique.

Mohcine Belabbas

 

 

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