Comme Gaïd Salah, Abdelaziz Rahabi fixe à l’avance le programme du futur président

La rencontre préparée en étroite collaboration avec le régime pour trouver la voie idoine de sortir le système politique de son impasse a finalement eu lieu à l’école supérieure de l’hôtellerie de Ain Benian.

Ali Benflis, ancien chef de gouvernement sous Bouteflika et qui s’est distingué par un faux dialogue avec de faux délégués de Kabylie en 2001 et la signature de l’arrêté interdisant les marches à Alger, Abdelaziz Rahabi, ancien ministre chargé à l’époque de préparer l’opinion à l’arrivée de Bouteflika, Tahar Benbaibeche, ancien secrétaire général du RND, Abderrazak Makri et Abdellah Djaballah, chefs islamistes chassés des manifestations dès les premiers jours de la révolution citoyenne, des dizaines d’associations abonnées aux mangeoires du système, quelques personnes du monde médiatique à la recherche de nouvelles largesses publicitaires et une vingtaine de refoulés des mangeoires de Bouteflika se sont mis en conclave pour trouver la formule magique de vendre la révolution au meilleur prix.

A cet océan d’électrons qui ont habitude de tourner autour des noyaux forts du système sont venus se joindre quelques personnalités mues par un désir de savoir davantage sur cette initiative concoctée dans les labos du régime.

La rencontre largement couverte par la télévision publique s’est terminée par une plate-forme signée uniquement par la partie la plus chevillée avec le régime. Le document, lu avec jubilation par Abdelaziz Rahabi, a clairement affiché son intention de revenir au processus électoral.

Les conclavistes qui ont signé la plate forme oublient que l’élection présidentielle est une confrontation de programmes politiques dont les lignes directrices et les priorités seront arrêtées exclusivement par les candidats et leurs staffs respectifs. Ils affirment alors que le président élu au suffrage universel  aura à traiter avec toutes les composantes politiques, sociales et de la société civile pour aller de l’avant dans le processus du changement profond des institutions de l’Etat. Autrement dit, c’est Djaballah, Makri, Boukhemkhem et Guemmazi qui décident à l’avance de la fiche de route du futur président et du contenu de son programme ! Drôle de logique et de conception !

Les conclavistes de Ain Benian ne font aucune référence aux résolution du congrès de la Soumam. Ils insistent seulement sur «la proclamation du 1er Novembre comme un référentiel qui unit tout le peuple algérien et l’Etat algérien».

Le document de Rahabi et les islamo-conservateurs est une déclinaison parfaite du discours du chef d’état major. Il ne peut être autre chose du fait que les travaux se sont déroulés sous sa bénédiction et …… ses ordres.

Arezki Lounis

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