La machine répressive : l’effet crescendo !

Deux enseignants universitaires de l’université Aboubakr Belkaid de Tlemcen ont été écroués avant-hier (lundi 08 juillet) par le juge d’instruction près le tribunal de Tlemcen pour « atteinte au moral des troupes de l’armée nationale populaire et outrage à corps constitué ». Ainsi, on croit savoir que c’est lors de conférences publiques organisées à Tlemcen que les 02 mis en cause « auraient tenu des propos haineux et véhiculé de la propagande contre les constantes nationales, et les deux institutions de l’armée nationale populaire et de la justice ».

Pis, une enquête a été ouverte par le même parquet contre un citoyen qui aurait tenu également, sur la chaine qatarie Al Jazeera, des propos jugés haineux et diffamatoires contre l’armée. Il s’agit, dit-on, d’un ex policier activant actuellement au sein d’un parti d’opposition qui aurait donc commis un crime de « lèse-majesté » surtout que celui-ci militerait dans une organisation non gouvernementale qui a pour habitude « d’accabler l’Algérie sur de prétendus mauvais traitements infligés aux migrants subsahariens »

En plus donc des dizaines de détenus d’opinions ou politiques croulant sous les geôles d’une justice vite rentrée sous les niches de la soumission, une véritable chasse au sorcières est mise en branle à travers tout le territoire nationale où un climat de terreur est instauré. Les interdits sont de plus en plus légion, l’épée de Damoclès est suspendue surtout toute voix discordante. L’arrestation d’une responsable d’une formation politique Louiza Hanoune en l’occurrence, des jeunes ayant brandi l’emblème amazigh à Alger et Oran, des jeunes supporters de l’équipe nationale de football emmenés manu-militari du Caire pour avoir mis en avant le principal slogan de la révolution à savoir « Yetnahaw ga3 » , la mise sous mandat de dépôt de l’une des figures de proue de la révolution en l’occurrence Lakhdar Bouregaa, commandant de la Wilaya IV historique insinuent, à plus d’un égard, que le pouvoir n’hésitera plus à sévir y compris dans les milieux les plus insoupçonnés et insoupçonnables. Le virage de la répression étant déjà pris depuis déjà des lustres.

Pour l’heure, seule l’organisation Amnesty International est montée au créneau en rendant public un communiqué condamnant de tels actes et exigeant la libération immédiate des détenus d’opinion. Les chancelleries occidentales, trop prudentes, préfèrent adopter la position du « wait and see » afin de préserver leurs intérêts les plus immédiats, exception faite du Canada dont son ambassadrice Mme Patricia McCullagh n’est pas allée avec le dos de la cuillère pour prendre clairement position en faveur d’une transition démocratique en Algérie lors d’une allocation tenue à l’occasion de la cérémonie de célébration de la fête du Canada organisée le 27 juin dans l’enceinte même de la représentation diplomatique à Alger.

Mais le peuple algérien qui n’a jamais pris pour habitude de compter sur les autres, continuera, sans l’ombre d’un doute, son autre combat libérateur car ni la peur, ni la terreur ne pourront venir à bout de sa détermination à aller jusqu’au recouvrement total de sa liberté.

Amarou Slimane

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