La porteuse du drapeau amazigh de Jijel écope de deux mois de prison avec sursis

La jeune fille de 21 ans interpellée vendredi passé par la police dans la ville de Jijel pour port de drapeau amazigh est condamnée hier dimanche par le tribunal de la même ville à deux mois de prison avec sursis assortis d’une amende de 20000 dinars. 

Les sources médiatiques qui rapportent cette information n’expliquent pas cette célérité dans l’instruction du dossier et l’enrôlement de l’affaire alors que des dizaines de jeunes, arrêtés dans les mêmes circonstances et pour les mêmes chefs d’accusation sont mis en mandat de dépôt depuis plus de semaines pour certains. La chambre d’accusation d’Alger a même appuyé la décision du juge instructeur.

Le port du drapeau amazigh, jugé par le chef d’état major comme crime contre la nation sans aucun appui juridique, est différemment apprécié par les autorités sécuritaires et judiciaires d’une région à une autre du pays. Alors que ses porteurs sont chassés, arrêtés et arbitrairement mis sous mandat de dépôt à Alger, ils sont tout bonnement bien encadrés lors des marches en Kabylie. Dans d’autres wilayas, comme Jijel, ils sont tout simplement jugés de façon expéditive et avec des chefs d’accusation qui n’ont rien à voir avec l’atteinte à l’unité nationale, passible de plusieurs années d’emprisonnement. Sommes-nous dans un Etat fédéral de fait ? se demandent les Algériens.

Chabane Bouali

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