Le chef de l’État parle d’un dialogue inclusif autour d’un sujet exclusif : la présidentielle

Abdelkader Bensalah a lancé mercredi un nouvel appel à « un dialogue national inclusif » en vue de l’élection présidentielle. Il a assuré que l’armée n’en serait pas « partie prenante».

« Ce dialogue est urgent, parce que le pays doit recouvrer au plus vite sa normalité politique et institutionnelle, qui le mettrait en position de faire face aux incertitudes économiques et sociales et aux menaces qui pèsent sur notre sécurité nationale du fait d’un environnement extérieur particulièrement complexe », a-t-il soutenu.

Bensalah a assuré que le dialogue « sera conduit et mené en toute liberté et en toute transparence par des personnalités nationales crédibles, indépendantes, sans affiliation partisane et sans ambition électorale ».

« L’État dans toutes ses composantes, y compris l’institution militaire, ne sera pas partie prenante à ce dialogue et observera la plus stricte neutralité tout au long du déroulement de ce processus », assure Abdelkader Bensalah.

La vérité doit être dite. Le discours prononcé par le chef de l’Etat est passé à coté de la revendication principale de la révolution citoyenne. Au moment où des millions d’Algériens demandent le départ de tous les symboles du régime avant l’entame de tout processus politique allant dans le sens de l’édification d’un Etat de droit, d’une république sociale et démocratique, le chef de l’Etat dont le nom est à la tête de la liste des hommes réclamés par la révolution se débat pour convaincre le peuple de la nécessité d’aller aux élections présidentielles. Par deux fois, il dit tout sauf l’essentiel.

 Si le dialogue politique national  inclusif est une vertu partagée et réclamée par toute la classe politique , sociale, syndicale et populaire, le consensus national est aussi dégagé sur le départ préalable des symboles du régime finissant pour garantir un dialogue paisible, sérieux et constructif. La présence des symboles de l’Etat finissant dans les coulisses n’inspire pas confiance au peuple Algérien. Et ce dernier a entièrement raison d’avoir des doutes et exiger leur départ. Ce point nodal, Abdelkader Bensalah feint de l’ignorer.

Les Algériens sont habituées à ce genre de kermesses que veut organiser présentement le pouvoir. Un dialogue inclusif dirigé par des personnalités nationales non partisanes que le pouvoir triera, où seront invitées une pléiade de partis qui n’ont de patrimoine qu’un cachet au fond d’un cartable prêts à vendre l’Eden au diable et des dizaines d’associations pressées à rejoindre encore une fois la mangeoire. Un dialogue qui donnera naissance à un autre mirage démocratique.

Le chef de l’Etat ne semble pas comprendre que l’Algérie ne souffre pas de l’absence d’un président de la république mais de l’inexistence d’une république avec tout ce que cela suppose comme constitution démocratique, séparation des pouvoirs, justice indépendante, liberté de presse, institutions d’Etat débarrassées des voleurs d’Etat, liberté de manifester et de s’organiser ….

Les Algériens qui sortiront ce vendredi 05 juillet réclament un président de la république démocratique et un un président de la république bananière. Et pour l’élire, des préalables démocratiques et une constitution librement rédigée et adoptée par le peuple sont plus que requis.

Arezki Lounis

%d blogueurs aiment cette page :