Lotfi Nezzar, fils de l’ancien ministre de la défense : « Le clan présidentiel est toujours actif »

La décision prise récemment par l’ARPT de non-renouvellement de la licence d’établissement et d’exploitation d’un réseau public de télécommunications par satellite de type V.SAT et de fourniture de services de télécommunications au public attribuée à la société Divona Algérie (Divona), et de l’autorisation de fourniture de services de transfert de la voix sur protocole internet (VoIP) attribuée à la société SLC, a fait réagir le patron de ces deux sociétés, Lotfi Nezzar qui s’exprimait dans une interview reprise par son journal, Algérie-Patriotique.

Le fils du général Khaled Nezzar dit avoir appris récemment faire l’objet d’une ISTN « sans motif ». « Je n’ai reçu ni notification officielle ni convocation d’une quelconque institution habilitée. Dans la situation actuelle que vit le pays, et surtout par rapport aux calomnies qui ont été colportées à mon encontre, j’ai pensé que c’était une mesure préventive que je pourrais comprendre, bien que je déplore le procédé », explique Lotfi Nezzar.

Revenant à l’affaire du retrait de licence d’exploitation qui frappe désormais ses deux sociétés, Lotfi Nezzar qui refuse que son nom « soit mêlé à cette opération «mains propres» », précise que « SLC et Divona, n’ont bénéficié d’aucun crédit bancaire de complaisance, d’aucune subvention, d’aucun terrain gratuit et d’aucun avantage particulier, ni de marchés publics. Bien au contraire, SLC et Divona ont participé à l’effort de développement du secteur à travers plusieurs initiatives sur lesquelles je reviendrai. De même que les revenus de ces sociétés réalisés en Algérie ou à l’export, en dinars ou en devises, sont intégralement déclarés, comptabilisés et rapatriés ».

Le patron de SLC dément les informations relayées par certains médias sur une prétendue perquisition qu’aurait opéré la gendarmerie dans ses locaux. « Ces perquisitions n’existent que dans l’imagination de ceux qui les ont inventées. Cela dit, au rythme où vont les choses, rien n’exclut une telle éventualité, l’arbitraire n’ayant pas de limites. Même de simples employés de SLC ont été intimidés », dit-il.

Lotfi Nezzar n’a aucun doute sur la source de ses ennuis. « Je suis la cible d’une campagne de dénigrement orchestrée par l’ancien clan présidentiel qui répand des informations fallacieuses sur de prétendus indus avantages dont nous aurions bénéficié et de détournements de revenus émanant de notre activité de transfert de voix sur internet. Le but étant de nous assimiler à ce clan dont nous sommes, comme je vous l’ai dit, la première victime et contre lequel nous n’avons jamais cessé, et nous ne cesserons jamais, de résister », accuse Lotfi Nezzar.

« Le clan présidentiel est toujours actif ; il tire les ficelles derrière le rideau et continue de recevoir des ordres d’un de ses parrains, en l’occurrence Saïd Bouteflika. J’en veux pour preuve des menaces claires proférées par le frère du président déchu au téléphone suite à la déclaration de mon père sur son plan visant à attenter à la cohésion de notre armée. Ces menaces qu’il a proférées à mon encontre et à l’encontre de ma famille ont été mises à exécution par la ministre Houda-Imane Feraoun, son proche entourage ainsi que l’Autorité de régulation dont la majorité des dirigeants, faut-il le rappeler, a été désignée par Saïd Bouteflika, à ma connaissance, depuis 2008 », révèle encore Lotfi Nezzar qui ajoute que « Saïd Bouteflika a dit clairement qu’il réagirait contre mon père en ouvrant le dossier des années 90 et en s’en prenant à son fils, c’est-à-dire à moi. Il a ajouté qu’il avait une stratégie pour ce faire ».

Lotfi Nezzar soupçonne l’ancien clan présidentiel, toujours en activité, de vouloir liquider ses entreprises avant le départ de ce gouvernement où siège Houda Feraoun, belle sœur du président déchu. « D’ailleurs dans la précipitation, plusieurs institutions ont été instruites en vue de participer à la réalisation de cet objectif. Même le Centre national du registre de commerce, pour la première fois dans l’histoire, nous a mis en demeure de procéder à la radiation de l’entreprise », explique le patron de SLC et Divona.

Abdelhamid Laibi

 

 

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