Mohcine Belabbas dresse un sévère réquisitoire contre le règne de Gaïd Salah

C’est un implacable constat que fait Mohcine Belabbas, président du RCD, de cette Algérie mise dans une situation de non constitutionnalité par Gaïd Salah.

« Aujourd’hui, le mandat du chef de l’Etat désigné en vertu de l’article 102 de la constitution a expiré ; le Conseil de la nation est toujours sans président élu puisque dirigé par un intérimaire désigné depuis trois mois et l’Assemblée nationale sans président depuis une semaine (violation de l’article 131 de la constitution) ; le premier ministre nommé depuis mars 2019 n’a à ce jour pas présenté son plan d’action devant le parlement (violation de l’article 94 de la constitution) ; le pouvoir judiciaire est sans garant constitutionnel de son indépendance ; le Conseil Supérieur de la Magistrature est inopérant en l’absence d’un président de la république », constate le président du RCD.

Le leader du parti progressiste accuse le chef d’état major d’aller dans ses forfaitures jusqu’à substituer la « la faucheuse » à « la balance » symbole de la justice visible dans les tribunaux et palais de justice. « La balance ayant toujours suggéré l’impartialité, l’objectivité et l’indépendance, la faucheuse quant à elle suggère la vengeance, la répression et la condamnation définitive sans jugement et sans appel », explique Mohcine Belabbas.

Les trois derniers mois passés sous la bannière du  pouvoir politique et militaire du général Gaïd Salah sont, pour Mohcine Belabbas, « marqués par un nombre jamais égalé d’atteintes aux libertés et d’emprisonnement illégaux dans un temps aussi court. L’entrave à l’exercice politique n’est pas en reste puisque les partis et associations se voient refuser d’organiser des activités et interdit d’accès aux médias. Plus parlant est le recours d’un avocat, Salah Debouz, à la grève de la faim pour « récupérer ses droits constitutionnels et légitimes » ».

Nadia Mehir

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