Panel des serviteurs du régime : voici les raisons d’un échec annoncé

Le chef de l’Etat Abdelkader Bensalah a finalement dévoilé le panel de personnalités qui aura la délicate mission d’administrer le débat national autour de la présidentielle. D’aucuns affirment que la mission confiée à ce collège de nouveaux serviteurs du système sera un échec retentissant. Et les raisons de cet échec annoncé ne manquent pas.

D’abord, le contenu du dialogue lui même. Le pouvoir qui crie sur tous les toits qu’il ne sera pas partie prenante de ce dialogue inclusif a d’emblée limité le sujet à débats aux seules présidentielles alors que cette option est unanimement rejetée par le peuple Algérien.

Puis, il y a ce manque de crédibilité dont souffrent certains membres de ce panel auprès de la rue Algérienne. Karim Younes, par exemple,  traine une mauvaise casserole historique et morale en Kabylie, sa région d’origine. En juin 2002, alors que la Kabylie continue d’enterrer ses enfants assassinés par le régime de Bouteflika à balles explosives, l’élu sur la liste du FLN accepte l’offre de Bouteflika d’être président d’un parlement croupion. Puis il y a ce post qu’il a partagé ces dernières heures sur sa page Facebook sous l’intitulé « VÉRITÉS ET TRANSPARENCES (II).RENCONTRE AVEC LE PRÉSIDENT DE L’ETAT » où il avance avoir défendu « l’appel unanime au départ du gouvernement en place et son remplacement par un gouvernement de consensus, formé de technocrates non partisans ». En bon vieux militant discipliné du FLN, Karim Younes aurait alors entamé sa mission officielle par travestir et détourner la principale revendication populaire. Du départ total de tous les symboles du régime, la chute complète du système maffieux et l’entame d’une phase de transition démocratique constituante, autant de revendications réclamées et exigées par des millions d’Algériens 23 semaines durant, on est passé par la voix de Karim Younes et son équipe à une simple demande unanime du remplacement d’un gouvernement par un autre.

L’autre personne du panel qui devient aussi un boulet au pied du panel des serviteurs du système est Bouzid Lazhari. Cet homme, militant du FLN aussi, a émargé au registre de la rente bouteflikienne des années durant. Abdelaziz Bouteflika qui sait reconnaitre ses fidèles l’a nommé dans le tiers présidentiel au Sénat. Le régime de Bouteflika l’a même soutenu mordicus pour être réélu pour un deuxième mandat de quatre ans au comité des droits de l’Homme de l’ONU en 2012. Bouzid Lazhari faisait partie de la commission du parti présidentiel chargée de rédiger le programme de Abdelaziz Bouteflika avant la campagne de 2004. Aissa Kassa, chargé de communication du FLN à l’époque, aimait qualifier Lazhari Bouzid de «Cadre du FLN spécialisé dans les questions juridiques». En 2008, Lazhari Bouzid participa activement dans la commission de révision de la constitution qui avait le mérite de  « sauter le verrou de la limitation des mandats ».

L’objet de la mission du panel, le passé militant au sein du régime maffieux de certains de ses membres et  le manque de charisme des autres, additionnés à la  volonté politique du peuple Algérien de se libérer des griffes du régime, le rejet total de la politique de replâtrage et la non disposition des forces politiques présentes sur le terrain des luttes à rouler pour une feuille de route du régime,  plaident déjà pour un échec total et fracassant de cette énième manœuvre du pouvoir.

Moussa T

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