Pour imposer sa feuille de route : Gaïd Salah passe à la menace

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Des menaces et des accusations de traîtrises contre ceux qui s’opposent à la feuille de route du système en place. Le chef d’Etat-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah a prononcé, aujourd’hui, un nouveau discours contenant des « mises en garde » contre toute opposition à la volonté du pouvoir d’aller vers une élection présidentielle.

Qualifiant l’offre du chef de l’Etat intérimaire, Abdelkader Bensalah, « d’approche raisonnable et sensée », le premier militaire affiche, d’abord, le soutien de l’armée à cette démarche.

« Autant que nous encourageons et soutenons son contenu, nous considérons sa démarche (démarche d’Abdelkader Bensalah) comme une des étapes importantes à franchir sur la voie de la résolution appropriée de cette crise politique que traverse le pays. Nous considérons, au sein de l’Armée Nationale Populaire, que les prochaines élections présidentielles sont le premier fruit constitutionnel et légal de ces solutions. Nous considérons également qu’elles renferment ce qui nous permettra de poursuivre les avancées vers l’instauration des assises d’un Etat de droit où prévaudra le progrès économique, la prospérité sociale et la cohésion sociétale, et où règnera la sécurité et la stabilité », estime-t-il.

Pour lui, les présidentielles projetée « sont réellement comme la clé pour accéder à l’édification d’un Etat fort avec des fondements sains et solides ». Ce faisant, il exprime son agacement des slogans scandés par des millions d’Algériens à travers le pays qui réclame « un Etat civil et non pas militaire ».

Selon lui, « ces slogans mensongers, aux intentions et objectifs démasqués », sont « des idées empoisonnées qui leur ont été dictées par des cercles hostiles à l’Algérie et à ses institutions constitutionnelles ».

« Des cercles qui vouent une haine inavouée envers l’Armée Nationale Populaire et envers son Commandement national qui a prouvé par la parole puis par les actes qu’il demeure au service de la ligne de conduite nationale du peuple algérien et qu’il nourrit un dévouement inébranlable au serment qu’il a fait devant Allah, le peuple et l’histoire ».

Dans son nouveau discours, Ahmed Gaïd Salah utilise aussi une nouvelle terminologie pour jeter l’anathème contre ceux qui s’opposent à sa feuille de route : « supplétifs et inféodés de la bande » et « traîtres ».

Ce faisant, il adresse des mises en garde contre tous ceux qui expriment des avis contraire à sa vision. C’est ainsi qu’il s’attaque, sans le citer, au Moudjahid Lakhdar Bouregaâ, incarcéré à la prison d’El Harrach pour avoir exprimé une opinion. « L’histoire nationale de l’Algérie est une histoire glorieuse et éternelle qui valorise le combat et l’élève aux rangs prestigieux qu’il mérite. Elle considère le vrai moudjahid comme un grain de bien et non pas un germe de mal, un outil pour construire et non pas pour démolir. Aussi quiconque se dissocie de ces véritables vertus de combat, se place systématiquement dans la case des corrupteurs, avec tout ce que cela implique », lance-t-il.

Poursuivant, il lance des menaces. « Il est grandement temps d’avoir une vision rigoureuse fondée sur la protection l’intérêt suprême de l’Algérie, quant à la prise de toutes les dispositions réglementaires envers les agissements de ces traitres contre l’avenir du peuple et le destin de la patrie », déclare-t-il.

Il donne, de ce fait, le sort qui sera réservé à ceux qui sont, à ses yeux, « des traîtres ». « Il est certain que c’est l’appareil de la justice qui statuera sur ce qui adviendra de ces traîtres et prendra toutes les dispositions équitables, mais dissuasives et rigoureuses au demeurant. Aussi, quiconque a l’audace d’attenter à l’Algérie, à l’avenir de son peuple et la pérennité de son Etat, ne pourra échapper à la sanction et la justice s’occupera de lui tôt ou tard. C’est là le dernier avertissement à l’égard de tous ceux qui marchandent avec l’avenir de la patrie et de son intérêt suprême », ajoute-t-il.

Le chef d’Etat-major dénie même la nationalité algérienne aux manifestants ayant brandi le drapeau Amazigh qui ne sont pas, selon lui, des « détenus d’opinion ».

Massinissa Ikhlef

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