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Voici comment le pouvoir veut faire passer « son président »

Le pouvoir en place veut aller aux élections présidentielles avant la fin de l’année en cours. Surtout qu’il a son candidat officiel et des assurances de certains partis politiques du pôle islamo-conservateur de l’accompagner dans ce processus de faire sortir le système de sa propre impasse. Lakhdar Bouregaa qui connait un bout de l’identité du président que le pouvoir veut imposer est mis à l’ombre, le temps de finir le sale boulot.

Maintenant que l’homme providentiel capable de régénérer le système est trouvé, il fallait au pouvoir un plan pour faire accepter le processus de sa moubayaâa. Quel est le plan ?

Le pouvoir politico-militaire a puisé dans ses propre fonds de manipulation et il a trouvé la formule magique : transposer le schéma gagnant du parlement croupion à la table du «dialogue national et inclusif ».

Pour ne pas susciter des oppositions frontales, le pouvoir compte désigner des personnalités « nationales non partisanes » pour diriger la manœuvre, tout en s’assurant leur loyauté à la maison qui les a fait grandir.

Une fois, l’idée acceptée ou plutôt imposée avec la complicité de certains partis islamo-conservateurs travaillés au corps ces dernières semaines, le dialogue va commencer. Le pouvoir a approché ces dernières semaines des dizaines de partis qui n’ont comme existence qu’un cachet et un agrément, des dizaines d’associations nationales abonnées depuis longtemps au fil du pouvoir pour les instruire de profiter de « l’inclusivité du dialogue » et monter en surface afin d’inonder la fiche de route avec des propositions dictées dans les officines.

Les walis et chefs de daïra ont aussi organisé des rencontres – marathon ces dernières semaines pour expliquer à toute la clientèle du système la nécessité de s’impliquer pour faire réussir le plan arrêté en haut lieu et sauver … la mangeoire.

En plus de polluer la table du dialogue avec des propositions allant dans le sens des objectifs du pouvoir, toute cette flotte d’associations et de faux partis mobilisés pour la reconquête du terrain est instruite d’investir en masse tous les démembrements régionaux et locaux de la future instance indépendante d’organisation des élections. Des informations parlent même d’une proposition qui sera défendue bec et ongle durant ce dialogue et qui consiste à placer les maires comme présidents de ces instances d’organisation. Le pouvoir tentera à travers sa clientèle, qui sera présente en force à cette kermesse, d’expliquer cette proposition par une « volonté politique » de redonner le pouvoir de contrôle et d’organisation des élections aux  représentants du peuple ( sic ). Et lorsqu’on sait que les 3/4 des APC sont gérées par le FLN/ RND, on comprend vite les visées.

Ce que le pouvoir feint d’ignoer et de fuir est que l’Algérie souffre du déséquilibre des pouvoirs, de l’absence d’une justice indépendante, de l’inexistence de la liberté de presse et la main mise sur les médias publics, de la répression systématique de l’opposition. La première solution, si volonté politique d’ouverture y a , consiste à lever les entraves administratives mises devant les partis et associations, ouvrir les médias publics à l’opposition, arrêter la répression et offrir le droit aux citoyens de manifester et d’exprimer pacifiquement ses opinions.

Le chef de l’Etat a proposé sa feuille de route. Que le pouvoir laisse l’opposition exprimer sur les mêmes médias sa propre feuille de route. Puis laisser le peuple manifester pacifiquement et librement dans deux marches distinctes en deux temps différents le choix de l’une des deux fiches de routes proposées. Et chacun de nous distinguera avec aisance le fil blanc du fil noir.

Arezki Lounis

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