Affaire Ahmed Benchemsi expulsé: Human Right Watch raconte les conditions de son arrestation à Alger

L’ONG Human Right Watch (HRW) a confirmé, ce mardi, l’expulsion par les autorités algériennes de son directeur des communications et du plaidoyer pour le Moyen-Orient, Ahmed Benchemsi.

Entré de manière légale en Algérie, ce responsable d’HRW, de nationalité marocaine, a été expulsé après avoir été très mal traité dans les commissariats de police. Dans un communiqué rendu public, l’organisation rappelle qu’Ahmed Benchemsi était en mission en Algérie depuis le 1 août.

« Ses documents de voyage lui avaient été confisqués depuis le 9 août date de son arrestation lors du 25e vendredi des manifestations du mouvement populaire à Alger. Ils l’ont arrêté sans le laisser contacter personne, ont confisqué son téléphone portable et son ordinateur portable et lui ont ordonné de fournir ses mots de passe pour déverrouiller les deux appareils, ce qu’il a refusé de faire », explique l’ONG.

Selon Human Right Watch « Ahmed Benchemsi était à Alger et ne faisait que son travail, observant les conditions des droits de l’homme ». Selon Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch, « cette arrestation et ses mauvais traitements arbitraires envoient le message que les autorités ne veulent pas que le monde soit au courant des manifestations de masse pour plus de démocratie en Algérie ».

Benchemsi, rappelle l’ONG, est entré légalement en Algérie et a révélé son affiliation professionnelle. « Il s’était déjà rendu à trois reprises en Algérie depuis 2017 pour Human Rights Watch, pénétrant chaque fois légalement dans le pays. Afin de mettre fin le plus rapidement possible à l’épreuve de Benchemsi, Human Rights Watch n’a pas annoncé publiquement sa situation durant la période pendant laquelle les autorités l’ont empêché de quitter l’Algérie », souligne l’organisation.

Selon toujours HRW Benchemsi a été arrêté le 9 août et il n’a été relâché que vers minuit. « La police l’a convoqué le 13 août au poste de police du centre-ville, connu sous le nom de ‘’Cavaignac’’ », rappelle l’ONG. « Le 13 août, la police n’a pas informé Benchemsi d’accusations portées contre lui. La police a de nouveau demandé les mots de passe de ses appareils. Lorsqu’il a refusé, ils lui ont demandé de revenir le lendemain. Le 14 août, alors qu’il se présentait à la police avec un avocat, Salah Dabouz, la police avait exigé de manière agressive qu’il fournisse ses mots de passe, ce qu’il a de nouveau refusé de faire », ajoute l’ONG.

Après quatre heures, la police a renvoyé Benchemsi et l’a convoqué pour qu’il revienne le lendemain matin se présenter devant le procureur. Le 15 août, Benchemsi s’est présenté à la police en compagnie de Maitre Dabouz. La police les a fait attendre huit heures sans amener Benchemsi devant le procureur. À la fin de la journée, la police lui a donné une deuxième convocation à comparaître devant le procureur le 18 août », conclut Kenneth Roth.

Massinissa Ikhlef

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