Atteintes aux libertés et harcèlement de la presse : La LADDH dénonce de graves violations de la loi

La ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) dénonce les graves atteintes aux libertés fondamentales ainsi que les blocages et le harcèlement contre la presse. Dans un communiqué rendu public, aujourd’hui, l’organisation que préside Me Noureddine Benissad, condamne, en effet, les poursuites engagées illégalement contre des militants et des jeunes porteurs du drapeau Amazigh.

«La LADDH dénonce les poursuites à l’encontre des personnes ayant exprimé pacifiquement une opinion comme tout récemment l’avocat Ramzi Chekhab, poursuivi pour incitation à attroupement par le parquet de Khenchela rien que pour avoir exprimé avant le déclenchement du Hirak sur sa page Facebook son opposition au 5ème mandat de Bouteflika », explique la LADDH dans un communiqué.

Concernant le port de l’emblème Amazigh par des manifestants, la LADDH rappelle, selon le communiqué, qu’il n’existe aucune disposition pénale ou autre qui sanctionne le port d’un emblème autre que l’emblème national.

Drapeau Amazigh : des poursuites contraires à la loi

« Toutes les poursuites engagées à l’encontre des manifestants pour port de l’emblème autre que l’emblème national sont infondées et contraires aux principes de légalité de la loi et de nulle sanction sans texte de droit. Force doit rester à la loi rien qu’à la loi », précise la ligue qui appelle, dans ce sens, au respect de la loi et à la libération de tous ces détenus y compris les détenus politiques dont le seul tort est d’avoir exercé leurs droits politiques.

Pour la LADDH, la judiciarisation de l’exercice des droits politiques et civils, le droit de s’organiser, de se réunir, de manifester d’activer dans un parti, un syndicat, association, et de s’exprimer pacifiquement est une pratique qui transgresse la constitution et les conventions internationales relatives aux droits politiques et civils ratifiées par notre pays.

« La LADDH rappelle que toutes ces pratiques de hogra du système en place qui ont justement amené le soulèvement populaire », souligne encore la LADDH. L’organisation exprime, dans la foulée, son inquiétude du blocage des sites comme TSA, Interlignes, Algérie part et de la fermeture des médias notamment lourds au Hirak et au débat pluriel.

« Il y’a aussi une volonté délibérée d’asphyxier la presse ouverte au Hirak et à l’expression plurielle par sa privation de la publicité. Cette pratique est illégale, injuste et outrancière en plein hirak », lit-on dans le même communiqué.

Poursuivant, la LADDH appelle à la levée des restrictions sur la liberté de circuler qui empêchent les algériens et algériennes de rejoindre la capitale pendant les manifestations de vendredi, à lever les dispositifs sécuritaires intra-muros pendant les marches à Alger et à cesser les arrestations de manifestants opérées dès les premières heures des manifestations  pacifiques à Alger car elles ne sont pas ordonnées par des mandats judiciaires.

« La LADDH appelle au respect de l’exercice des libertés fondamentales des citoyennes et des citoyens. Les autorités doivent répondre à la revendication principale du hirak, la rupture avec le système et l’instauration d’un état de droit », lit – on dans le communiqué.

Massinissa Ikhlef

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