Bouira, les citoyens rejettent le dialogue et annoncent la désobéissance civile

Les centaines de milliers de manifestants qui ont marché, aujourd’hui 02 aout à Bouira, ont innové en matière de slogans même si les revendications du mouvement citoyen sont toujours présentes.

De « transition démocratique » à « un Etat civil et non militaire», de « système dégage » à « la libération des détenus », la population de la région de Bouira a rappelé à un pouvoir sourd qu’elle n’a oublié ni ses exigences ni ses détenus.

« Le dialogue oui mais pour votre départ et non pour des élections » peut-on lire sur plusieurs affiches et pancartes. S’agissant donc du dialogue la messe est dite.

L’inédit dans le mouvement citoyen à partir de la marche d’aujourd’hui a été donc l’action de la désobéissance civile. Pour la première fois depuis le 22 février et en ce 24éme vendredi, la foule immense qui a investi les rues de la ville de Bouira a annoncé « l’arrivée de la désobéissance civile. »

Annoncée à deux reprises dans deux  de ses différentes contributions (la dernière en date, celle du 28 juillet), la désobéissance civile « forme de lutte qui est contre la violence » avait été préconisée par Said Sadi qui reste le seul intellectuel algérien à avoir proposé d’autres formes de lutte en plus des marches semi hebdomadaires.

« Rahu djay, rahu djay, l3issyan lmadani » fusait de la bouche des manifestants en guise de réponse à un chef d’Etat-major qui reste braqué, envers et contre tous, sur les élections. Ces dernières qui visent à « installer une potiche au palais d’El Mouradia » sont rejetées par le peuple algérien depuis l’annonce de celles qui devaient reconduire pour un cinquième mandat Bouteflika qui, forcé par la mobilisation citoyenne et « non Gaid-Salah » a démissionné le 02 avril dernier.

 

A voir la mobilisation populaire d’aujourd’hui et la radicalisation des manifestants dans leurs slogans ce 02 aout, 24éme vendredi de manifestation, le mouvement de libération algérienne du 22 février est à un tournant important de son existence, de son parcours et de ses luttes.

Slimane Chabane

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