Crise économique: Le pouvoir en est l’instigateur, la solution est dans la révolution

« Une économie à l’arrêt et un peuple qui avance  » me disait un expert averti.

Dans une panique générale devant l’impact de la révolution en marche qui n’arrête pas d’étonner le monde entier par son pacifisme et son organisation horizontale spontanée, le pouvoir tente de brandir le spectre du ralentissement de la cadence de l’économie nationale pour faire peur aux Algériens, dans le dessein machiavélique d’affecter sa détermination à dégager le système dans toutes ses composantes claniques.

La crise économique est bel et bien réelle mais la responsabilité n’est, en aucun cas, celle de la mobilisation citoyenne. Le recours à la planche à billets est une sorte d’aveu d’échec de la part du pouvoir. La banqueroute économique était plus qu’évidente bien avant le 22 février, et les véritables experts ont déjà commencé à tirer la sonnette d’alarme depuis 2014.
Quelle que soit la durée de cette révolution, elle ne coûtera pas un centième des mille milliards dilapidés par les différents gangs du régime (ceux qui sont en prison pour corruption et ceux qui sont encore aux commandes entre El Mouradia et les Taggarins et qui sont loin d’être propres).

Tout le monde s’accorde à dire que la faillite est la conséquence directe des choix économiques des gouvernements successifs. La corruption, le clientélisme et la gestion médiocre ont constitué l’essentiel de la gouvernance des Bouteflika et des généraux qui cogéraient avec eux.

L’actuel processus révolutionnaire est à contre-courant des causes de la crise économique. Le peuple revendique comme préalable à toute nouvelle construction la disparition du système générateur de la ruine.

La communauté nationale a pris conscience de la volonté du pouvoir de détruire l’économie nationale à travers des entraves administratives qui empêchent l’aboutissement de tout investissement porteur, créateur d’emplois et créateur de richesses. Le cas Rebrab est des plus édifiants.

La formidable mobilisation du 11 décembre 2018 à Béjaia pour la dénonciation des blocages des projets du groupe Cevital est une preuve de cette conscience populaire prématurée de l’importance des enjeux économiques. Ce jour-là, le pouvoir a été désigné comme le principal instigateur de la crise.

La révolution en marche est porteuse d’un projet de rupture sur tous les volets, à commencer par celui économique. Elle aspire à dépasser l’économie rentière et à libérer les initiatives pour la diversification de notre économie.

Le changement radical s’inscrit aussi dans le sens de l’encouragement d’une économie diversifiée et épanouie. Il se projette dans l’édification d’un nouveau système où l’administration se limiterait à sa véritable mission qui est celle de la régulation et de la garantie du respect de la loi. De ce fait, la révolution représente la solution et non le problème.

Toute autre lecture avancée par des experts organiques ne vise qu’à discréditer la mobilisation citoyenne en lui imputant la responsabilité de la crise économique, et du coup dédouaner le pouvoir mafieux qui a ruiné le pays.

Brandir le spectre de la faillite fait partie aussi de la contre-révolution.

Moussa Nait Amara

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