Dialogue : la commission Karim Younes défie le mouvement populaire

La commission de dialogue et de la médiation de Karim Younes défie le mouvement populaire qui la rejette. Mais pas seulement, elle abandonne aussi ses préalables et décide de lancer « son dialogue » sans délais.

En effet, réunie aujourd’hui à Alger, cette instance, qui n’est finalement composée que de membres proches du pouvoir en place, annonce l’entame de sa mission en vue de préparer l’élection présidentielle.

Dans un communiqué rendu public, en début de cet après-midi, l’instance conduite par l’ancien président de l’APN annonce la création des comités de travail et a procédé à la répartition des tâches entre ses membres. Selon la même source, la réunion s’est tenue en présence des membres de l’instance, y compris les nouveaux dont l’identité n’est pas encore révélée.

Outre les comités de travail, l’instance décide aussi de se doter de la commission des sages qui sera composée des personnalités qui ont accepté de la rejoindre. Une commission de consultation sera aussi mise sur pied, ajoute la même source.

Pour l’organisation de son travail, la commission Karim Younes prévoit, en plus des rencontres avec les partis, les personnalités et la société civile, de prendre en considération toutes les propositions de sortie de crise faite jusque-là.

« Les initiatives de dialogue lancées par diverses entités et toutes les feuilles de route proposées pour la sortie de crise. Les différentes plateformes et proposition seront des documents importants et une base de travail qui guideront la Commission dans l’élaboration de la première mouture des propositions. Et cela après avoir écouté, naturellement, tous acteurs de la société dans les prochains jours », souligne-t-il.

 La dérive de Benbraham

 Cette commission annonce aussi que la « mouture des propositions qui sera élaborée sera soumise à débat lors d’une conférence nationale qui sera organisée à l’issue des rounds de dialogue devant être entrepris sans délais ».

Selon commission, ajoute-t-on dans ce communiqué, fera de la médiation pour rapprocher les points de vue des différents acteurs lors de la conférence nationale, « particulièrement en ce qui concerne le projet de loi électorale et le texte portant création d’une autorité nationale indépendante chargée d’organiser les élections présidentielles ».

Cette commission ne risque pas, selon toute vraisemblance, de faire long feu. Et pour cause, il est lui est très difficile de convaincre grand monde, surtout que de nombreux acteurs critique la manière de sa création.

Pis encore, un de ses nouveaux membres vient de commettre une grave dérive. Il s’agit de l’avocate Benbraham. Avant même d’officialiser son entrée dans cette instance, l’avocat du…système s’est attaquée aux détenus d’opinion qu’elle traite « de délinquants », comme elle a remis en cause les préalables exigés par le panel et acceptés par le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah.

La bizarrerie est que la commission, dans son communiqué de jeudi dernier, avait affirmé qu’elle maintenait ses préalables. Que fait alors cette avocate dans une commission avec laquelle elle ne partage rien.

Massinissa Ikhlef

 

 

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