Discours du RCD lors de la rencontre Société civile -Partis politiques  : clarté dans le diagnostic et dans la perspective.

 

A travers le discours qu’il a prononcé à la 2éme conférence de la société civile et de la classe politique, tenue ce Samedi à Alger, le Dr Mohamed Khendak, représentant du RCD, a consolidé la devise « du courage de dire et de la force d’agir » qui s’impose de plus en plus comme une réalité irréversible dans les propos et les actions de ce parti.

D’emblée, le membre de la direction nationale du parti de Mohcine Belabbas n’a pas hésité à rappeler sans ambigüité aucune que : « le problème fondamental que vit l’Algérie est la confiscation de la souveraineté du peuple, depuis la victoire de la révolution algérienne contre le colonialisme français. ».

Le secrétaire national du RCD n’a pas manqué de mettre l’accent sur la responsabilité avérée de Bouteflika dans la catastrophe nationale dont l’ampleur a été amplifié d’une manière alarmante, durant ces vingt dernières années.  Le réquisitoire du RCD à l’égard du règne de Bouteflika était des plus critiques : « A cette spoliation s’ajoute 20 ans  de régime de Bouteflika qui a livré le pays à une véritable mafia. C’est ainsi que les institutions de l’État ont été privatisées et mises au service de la prédation des richesses nationales. La fraude électorale, la répression des libertés et l’instrumentalisation de la justice ont été les instruments de cette politique antinationale ».

Abordant la révolution citoyenne, le Dr Khendak a tenu à rappeler que : « Le mouvement du 22 février 2019 ne demande pas des réformes pour corriger un système politique injuste. Il réclame le départ d’un système politique, de ses symboles, de ses méthodes et surtout le socle institutionnel qui codifie la soumission des institutions et des individus au despote du moment, à savoir la constitution. »

Concernant l’agitation du panel de Karim Younes et le faux dialogue autour des présidentielles imposé par le chef d’état-major, le représentant RCD n’est  pas allé avec le dos de la cuillère pour déclarer que : « aucune élection présidentielle ne peut être régulière dans le cadre de l’environnement institutionnel actuel avec un président de l’État (par ailleurs illégitime et illégal), un gouvernement et un personnel politique qui ont fait campagne pour la continuité du système Bouteflika sont toujours aux commandes et ont la main mise sur toutes les ressources de l’État. Mais supposer que l’état-major de l’Armée consent à laisser des organes indépendants pour organiser les présidentielles, ce qui n’est pas le cas, le RCD ne peut être enrôlé dans une telle opération pour élire un nouveau président dans le cadre de la constitution actuelle. En clair, même si un président est élu à la régulière, cela n’est pas suffisant pour garantir la rupture avec le système actuel»

Abordant les perspectives, le cadre du RCD s’est distingué par un réalisme et une franchise connus et reconnus dans le discours de son parti. Il est revenu sur les propositions de sortie de crise contenues dans la feuille de route du rassemblement et il a rappelé que : « Le RCD n’est pas pour une constituante d’entrée, pour toutes les raisons que nous avons exposé dans notre feuille de route du 27 mars 2019. Nous sommes pour une période de transition gérée par des organes qui transforment l’environnement institutionnel pour concrétiser la rupture, permettre l’expression de la souveraineté et garantir les principes fondamentaux et universels de la liberté, la démocratie, de justice et d’alternance par la voie des urnes. Partant de là, les instruments et les mécanismes doivent et peuvent faire objet de discussions pour trouver le consensus. »

En résumé, il ne s’agit pas de reprogrammer l’élection présidentielle, mais bel et bien de préparer un environnement institutionnel qui va permettre l’expression de la souveraineté populaire.

Moussa Nait Amara

 

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