Panel de dialogue : les préalables, dont la libération des détenus, vite oubliés

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Le panel de dialogue de la médiation conduit par Karim Younes donne l’impression de n’avoir joué la carte des préalables que par ruse. C’est visiblement le cas, vu l’attitude de cette instance et de tous ses membres, en majorité des soutiens de l’ancien régime, qui se montrent très pressés de lancer leur mission dite de « dialogue ».

Alors qu’il avait conditionné l’entame de sa mission par la satisfaction de sept préalables, dont la libération des détenus d’opinion, la levée de toutes les mesures répressives contre le mouvement populaire, l’ouverture des médias…et le départ du gouvernement Bedoui, le panel observe un silence des cathédrales sur cette question.

Même si aucun de ces préalables n’est satisfait. Pis, ils sont même rejetés par le chef d’Etat-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, qui se prend toujours pour le nouveau « Dieu de l’Algérie ». Et curieusement, le coordinateur de la commission de dialogue, Karim Younes, qui avait menacé de démissionner s’est mis s’est mis vite dans le rang.

En effet, le panel a carrément fait l’impasse sur les préalables. Plus de quinze jours depuis sa constitution, la commission a déjà lancé ses rounds de dialogue avec des organisations réputées être proches de l’ancien régime du président Bouteflika, et des jeunes, présentés comme des représentants du Hirak, dénichés sur les réseaux sociaux.

Et lors de ses interventions, le premier responsable de cette instance ne fait aucune référence aux préalables et surtout à la libération des détenus d’opinion, maintenu arbitrairement en détention sur la base d’une déclaration du premier militaire du pays.

Le panel s’est fait également rejoindre par un personnel politique au passé très controversé et qui n’est jamais connu pour son militantisme pour la démocratie et l’Etat de droit. Ce sont, en effet, des bénéficiaires des largesses de l’ancien régime et des militants du FLN, un des responsables de la crise actuelle, qui se sont mis au-devant de la scène.

C’est pourquoi ils ne se soucieront pas des libertés. Et lorsqu’on sait qu’une avocate, membre de la commission présidée par Karim Younes, s’est autorisée une grave accusation contre les détenus ayant brandi le drapeau Amazigh, on comprend vite que la question des préalables n’était qu’un subterfuge pour tenter de gagner l’estime du mouvement populaire qui n’est pas tombé dans le piège.

   Massinissa Ikhlef

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