Bejaia : la femme et la révolution du 22 février.

À Bejaia, il est clair que le principal aspect qui présente le mouvement du 22 février comme une véritable révolution au niveau politique mais aussi au niveau sociétal est, sans aucun doute, cette implication active de la femme.

L’adage qui dit : « quand les hommes sont dans la rue, vous avez affaire à une révolte et quand la femme est dans la rue, vous avez affaire à une révolution » s’applique, parfaitement au mouvement du 22 février qui a gagné sa crédibilité dans cet engagement hors pair de la femme.

L’implication de la femme est de plus en plus important et sur le plan quantitatif et sur le volet qualitatif. Chaque vendredi et chaque mardi, dans tous les carrés des marches citoyennes à Bejaia, elle ne cesse de s’imposer. Il n’y a ni exagération ni subjectivité dans le fait d’avancer que la femme est le fer de lance et la cheville ouvrière de cette révolution.
Au delà de la revendication de l’amélioration de sa condition dans la société et des questions des droits de la femme, sa participation est beaucoup plus d’ordre citoyen. Elle garantit, par excellence, le caractère pacifique du mouvement du 22 février.

Pour Mme Saida Moulaoui, coordinatrice régionale des femmes progressistes, aile féminine du RCD : « Les femmes ont joué un rôle crucial dans les marches. Leur engagement et leur rôle ne doivent pas être seulement symboliques. Leur participation à ce mouvement n’est pas dans le cadre des droits des femmes, mais en tant que citoyennes qui luttent contre un régime corrompu et pour l’avènement de la démocratie. Les femmes sont descendues dans la rue pour demander le départ du système et proclamer une vie meilleure et plus de liberté et de démocratie pour leurs familles, leurs régions et pour l’Algérie de demain. »

La responsable locale des femmes du RCD n’a pas caché sa satisfaction concernant l’ambleur de l’empreinte de la femme dans cette révolution : « En tant que coordinatrice régionale des femmes progressistes RCD, je suis fière de toutes les femmes qui ont su changer le cours de l’histoire et qui ont démontré magistralement leur courage à dénoncer les injustices. Aujourd’hui la femme Bougiote a sa place dans la société. Depuis le 22 février, elle ne cesse de prouver sa présence massive dans la construction de l’Algérie de demain. Je voudrais également exprimer toute ma solidarité avec tous les détenus d’opinion, en général et avec notre militante Samira Messouci, en particulier.»

De son coté, la figure de proue de la communauté universitaire de Bejaia, l’enseignante et membre du très actif collectif des enseignants et ATS, Sabrina Zouagui nous a déclaré que : « L’extraordinaire mouvement du 22 février a réconcilié la femme algérienne avec le politique, ce domaine auquel elle a majoritairement montré si peu d’intérêt depuis l’indépendance. Avant, seules les femmes politiques et militantes s’investissaient dans l’activité politique (marches, débats publics…), mais la révolution du sourire a été d’une telle ampleur qu’elle a insufflé un grand élan patriotique et redonné au peuple un tel espoir que les femmes, toutes catégories confondues ( femmes âgées, jeunes femmes, adolescentes, fillettes ), ont compris que l’acte politique n’est pas vain… elles ont compris qu’elles ont, au même titre que l’homme, un rôle à jouer, un mot à dire, une contribution à apporter. »

A Bejaia comme ailleurs dans toute les villes du pays, la femme est, bel et bien, un acteur incontournable de la révolution en marche. Elle est l’essence même du véritable changement vers une Algérie moderniste et progressiste.

Moussa Nait Amara

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