Il figure sur une liste de « personnalités à emprisonner » : Fodil Boumala arrêté hier soir

La série d’arrestations des hommes politiques et d’intellectuels qui s’opposent pacifiquement à l’option des présidentielles continue. Après Karim Tabou, Samir Benlarbi, le commando civil missionné par le centre de décision réel de cueillir les opposants au général Gaïd Salah a pris, hier soir, de chez lui, Fodil Boumala connu pour ses interventions médiatiques et son adhésion total à la révolution démocratique en cours.

Le général Gaïd Salah a décidé d’isoler définitivement la révolution citoyenne démocratique de ses voix les plus représentatives. Des informations persistantes parlent même d’une sorte de liste de « personnes à mettre absolument sous mandat de dépôt », arrêtée par le nouveau maitre d’Alger  .

La décision d’isoler le peuple Algérien de son élite est grave. Si la révolution démocratique en cours a tenu le cap du pacifisme sept mois durant, c’est grâce à l’éveil citoyen du peuple, certes. Mais les différentes interventions de cette élite  pourchassée, assiégée,réprimée et isolée, ont permis et permettent aux jeunes de comprendre les enjeux, de draguer vers les sentiers de la paix bien des colères et de contenir tant de tentations d’escalades dangereuses. Dégarnir aussi cruellement un mouvement aussi large et massif de ses élites, c’est ouvrir la boite de Pandore à tous les vents aussi dangereux que ravageurs.

Il n’ y a plus aucun doute. Le général Gaïd Salah, sentant le feu de la révolution le cerner, huile généreusement le pays et provoque partout les étincelles. Faire bouger des lignes avant que les portes de l’enfer ne s’ouvrent devient une urgence nationale absolue. L’arrestation de leaders politiques intègres, d’intellectuels éclairés, d’historiques valeureux et de jeunes qui n’ont fait que porter sur leur frêles épaule des grands rêves à la mesure de la révolution qu’ils ont initiée, l’annonce de l’état de siège partiel à Alger, prélude d’un état d’exception national, est une stratégie qui vise à installer le désespoir tant recherché pour semer le chaos.

Arezki Lounis

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