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La consécration de l’alternative démocratique

 

Nul ne peut nier que l’aspect le plus marquant du 31ème vendredi de la révolution en marche est cette détermination historique du peuple algérien qui a tenu à riposter avec vigueur et dignité au gravissime dérapage du chef d’état-major, résidu du Bouteflikisme, qui a honteusement décidé de fermer la capitale aux manifestants.

Au delà de cette excellente mobilisation, la solidarité citoyenne et politique était aussi le plus grand présent lors de ce vendredi de la « bataille d’Alger ».

Le grandiose carré formé par les forces de l’alternative démocratique (FAD) est un fait historique qui révolutionne les mœurs de la pratique politique en Algérie. Il installe sur le terrain des luttes l’inévitable compromis démocratique qui a fait défaut jusque-là pour des raisons accessoires, à l’image de celle du leadership.

Sur le plan de la symbolique, et sans réduire de l’importance des autres acteurs des FAD, le fait que le leader du RCD, Mohcine Belabbas, et celui du FFS, Ali Laskri, marchent main dans main, constitue une victoire politique avérée du pôle démocratique et une réponse à une aspiration populaire qui se manifeste depuis 1989, pour ne revenir qu’au début de l’ère du multipartisme.

Cet accompagnement et cet encadrement politique de la révolution citoyenne est d’une portée politique qui fait trembler les résidus du régime. La pertinence, l’efficacité et la crédibilité de cette démarche résident dans sa véritable autonomie et sa déconnexion de tous les clans du système. Le pacte qui sert de plate-forme politique aux forces de l’alternative démocratique porte réellement les aspirations d’un changement et d’une rupture radicale avec toutes les tribus et toutes les « sous-tribus » du régime. Il traduit parfaitement les revendications portées par la rue, notamment celles du slogan « Système dégage ».

Que ce pacte passe à l’action, se joigne à la rue et se jette dans les bras du peuple est un signe d’une confiance rétablie entre le peuple et la classe politique. L’accueil chaleureux et émouvant réservé par les marcheurs aux leaders des partis composants les FAD est une réalité constatée et déclarée par tous les observateurs objectifs.

Cette confiance tant attendue, qui a été victime d’une politique de normalisation et de diabolisation de l’acte politique dont Bouteflika a excellé pendant 20 ans, est désormais retrouvée. « La parti-phobie », créée et entretenue aux frais du trésor public par le Bouteflikisme, est définitivement éradiquée. La crédibilité du fait politique est désormais réhabilitée grâce à la conscience politique de cette jeunesse du 22 février, à la sincérité et à la clairvoyance des jeunes leaders politiques qui commencent à émerger et à mettre à jour le logiciel de la pratique politique.

Les opinions hostiles, à la limite de l’insulte, du chef d’état-major à l’égard des forces de l’alternative démocratique sont une preuve tangible que les perspectives de construction démocratique contenues dans cette démarche sont celles de l’Algérie libre, démocratique, civile et plurielle. Grâce à ce compromis démocratique, le rapport de force est en phase d’être renversé en faveur d’une sortie de crise à travers une transition démocratique qui va garantir la construction d’un véritable État de droit où régnera le vivre-ensemble.

La symbolique de la communion des emblèmes national et Amazigh, dans toutes les rencontres et autres actions de ce pôle, est une ouverture sur une perspective Nord-africaine vitale pour l’avenir de notre sous-continent.

Moussa Nait Amara

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