Mohcine Belabbas explique la révolution du 22 février et parle des rêves de l’Algérie d’en bas

Dans son intervention à la convention des Forces de l’Alternative Démocratique, Mohcine Belabbas a dit au pouvoir les vérités qui fâchent. Il a parlé de cette Algérie d’en bas qui vit certes,  dans le dénuement, la misère et le malheur, mais qui avance aussi vers une victoire contre la Hogra. Il a aussi dressé les lignes de ce pays qui doit faire place à la justice, la liberté et la démocratie.

« L’insurrection citoyenne du 22 février 2019 n’est pas un simple ras le bol contre des dysfonctionnements institutionnels, des abus ou des passe-droits. La lame de fond du rejet du système politique est à la mesure de la détermination de vivre ensemble dans un pays libre », assène Mohcine Belabbas.

« Ce qui mobilise les Algériennes et les Algériens n’est pas la lapidation de Bouteflika sur la place publique, la vengeance contre Toufik et Gaid Salah ou jeter des pierres et des ordures sur Ouyahia, Sellal et tous les corrompus à l’origine de nos malheurs. Ils veulent construire un pays où leurs enfants vivront fiers, avec une justice indépendante, une école ouverte sur le monde et un espace où la jeunesse pourra s’épanouir et réaliser ses ambitions », ajoute le président du RCD.

Pour couper court aux faux rêves des hommes du régime de voir l’Algérie pacifiée, Mohcine Belabbas bouscule leurs certitudes. « Ils pensent nous décourager, ils croient nous amener à la résignation, ils veulent nous pousser au renoncement. Ils n’ont pas compris que le temps du désespoir et de la résignation est révolu. Ils n’ont pas compris qu’une révolution est passée par là et qu’elle est toujours en cours. Ils n’ont pas compris que les algériens défendront leurs libertés et leurs droits jusqu’à la victoire. Ils n’ont pas compris que de plus en plus les algériens vont s’organiser dans les universités, sur les lieux de travail, dans le mouvement associatif, dans les partis politiques et dans la rue pour défendre leurs droits. Ils n’ont pas compris que la nouvelle Algérie est déjà en train de se mettre en place et que ce n’est pas avec les hommes du passé et du passif qu’elle se reconstruira », dit-il.

Pour Mohcine Belabbas, il n’y a aucun doute. « Le peuple algérien est sorti dans la rue depuis le 16 février justement pour la victoire, ou plutôt des victoires. Victoire contre la Hogra, victoire contre le chômage, victoire contre la corruption, victoire contre les injustices, victoire contre le sous-développement économique et social ».

Le président du RCD parle des grandes lignes du nouveau système Algérien qui trouvera ses fondements dans une nouvelle constitution.  « Le pays doit se donner une nouvelle constitution. Une constitution qui redéfinit l’organisation de l’Etat. Une constitution qui promeut un système politique fondé sur le multipartisme, l’élargissement des libertés et des droits humains, l’autonomie et l’équilibre des pouvoirs constituants avec comme objectif final :la garantie de l’alternance politique et démocratique au pouvoir. Une constitution qui garantit l’indépendance effective de la justice et qui place l’armée et les appareils sécuritaires sous contrôle démocratique ».

Arezki Lounis

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs
Chers ami(e)s
Bonjour
Pour la troisième fois en moins de trois mois, le ministère de l’intérieur refuse d’autoriser une réunion politique, pacifique des forces de l’alternative démocratique. En réalité, des dizaines d’activités ont été interdites depuis que le vice-ministre s’est arrogé tous les pouvoirs dans le pays. Une grave atteinte à une liberté fondamentale, un droit fondamental consacré dans toutes les constitutions de par le monde. Un niveau d’autoritarisme qui n’a pas été atteint par l’autre Issaba durant ses 20 ans de règne.

Ils pensent nous décourager, ils croient nous amener à la résignation, ils veulent nous pousser au renoncement. Ils n’ont pas compris que le temps du désespoir et de la résignation est révolu. Ils n’ont pas compris qu’une révolution est passée par là et qu’elle est toujours en cours. Ils n’ont pas compris que les algériens défendront leurs libertés et leurs droits jusqu’à la victoire. Ils n’ont pas compris que de plus en plus les algériens vont s’organiser dans les universités, sur les lieux de travail, dans le mouvement associatif, dans les partis politiques et dans la rue pour défendre leurs droits. Ils n’ont pas compris que la nouvelle Algérie est déjà en train de se mettre en place et que ce n’est pas avec les hommes du passé et du passif qu’elle se reconstruira.

Cette Algérie a besoin de rompre avec le cycle des échecs. Ce pays – continent, ce pays de résistances, ce pays des hommes libres, ce pays de la diversité et de la pluralité a besoin de renouer avec les victoires. Le peuple algérien est sorti dans la rue depuis le 16 février justement pour la victoire, ou plutôt des victoires. Victoire contre la Hogra, victoire contre le chômage, victoire contre la corruption, victoire contre les injustices, victoire contre le sous-développement économique et social.
L’insurrection citoyenne du 22 février 2019 n’est pas un simple ras le bol contre des dysfonctionnements institutionnels, des abus ou des passe-droits. La lame de fond du rejet du système politique est à la mesure de la détermination de vivre ensemble dans un pays libre.

Ce qui mobilise les Algériennes et les Algériens n’est pas la lapidation de Bouteflika sur la place publique, la vengeance contre Toufik et Gaid Salah ou jeter des pierres et des ordures sur Ouyahia, Sellal et tous les corrompus à l’origine de nos malheurs. Ils veulent construire un pays où leurs enfants vivront fiers, avec une justice indépendante, une école ouverte sur le monde et un espace où la jeunesse pourra s’épanouir et réaliser ses ambitions.

Beaucoup d’algériens vivent dans le dénuement, beaucoup d’algériens vivent dans la misère, beaucoup d’algériens vivent malheureux. Les algériens ont trop souffert. Ils ont souffert de la guerre, souffert du terrorisme, souffert de la tyrannie. Nous devons tourner le dos aux querelles du passé, nous devons rompre avec les pratiques du passé. Le peuple continue de sortir pour la construction de l’État de droit. Le pays aspire à la prospérité et à la gloire.

Nous devons faire place à la justice, la liberté et la démocratie.

Les algériens méritent de vivre en paix, en sécurité, en harmonie et dans le progrès dans leur pays. C’est l’objectif des constitutions des États : gérer le vivre ensemble. C’est pourquoi le pays doit se donner une nouvelle constitution. Une constitution qui redéfinit l’organisation de l’Etat. Une constitution qui promeut un système politique fondé sur le multipartisme, l’élargissement des libertés et des droits humains, l’autonomie et l’équilibre des pouvoirs constituants avec comme objectif final :la garantie de l’alternance politique et démocratique au pouvoir. Une constitution qui garantit l’indépendance effective de la justice et qui place l’armée et les appareils sécuritaires sous contrôle démocratique.

C’est pourquoi le processus constituant que nous voulons et devons construire ensemble est le choix de la rupture et de la raison, le choix de la souveraineté, le choix de la fin du système en place et celui d’un nouveau départ pour le l’Algérie.

Vivre l’Algérie libre et démocratique

 

Mohcine Belabbas, président du RCD

Alger, le 09 septembre 2019

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