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Violation grave de la Constitution: Gaïd Salah instaure l’état de siège partiel à Alger

L’armée a-t-elle décidé de réinstaurer l’état d’urgence dans la capitale ? Le chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah vient de franchir un nouveau pas grave en décidant de violer carrément le principe constitutionnel portant sur la libre circulation des personnes sur le territoire national.

Voulant imposer à tout prix sa feuille de route qui consiste à organiser des élections le 12 décembre prochain, le premier militaire du pays décide d’interdire l’accès à la capitale, Alger, aux citoyens venant des wilayas limitrophes, notamment la Kabylie.

En effet, après avoir ordonné l’emprisonnement des porteurs du drapeau Amazigh et puis l’interpellation et le placement sous mandat de dépôt, des participants aux marches, il passe à une vitesse supérieure en ordonnant la gendarmerie d’intercepter les citoyens non Algérois et de saisir leurs véhicules.

« Dans cette optique, nous avons constaté sur le terrain que certaines parties, parmi les relais de la bande, aux intentions malveillantes, font de la liberté de déplacement un prétexte, pour justifier leur dangereux comportement, qui consiste à créer tous les facteurs qui perturbent la quiétude des citoyens, en drainant chaque semaine des citoyens issus de différentes wilayas du pays vers la capitale, afin d’amplifier les flux humains, dans les places publiques, avec des slogans tendancieux qui n’ont rien d’innocent que ces parties revendiquent », affirme-t-il, dans un discours prononcé, aujourd’hui, à partir d’une caserne de la 6e région militaire (Tamanrasset).

En faisant cette introduction, il assume la violation des dispositions constitutionnelles, qu’il prétend respecter, pour porter atteinte à l’un des droits fondamentaux des citoyens : la liberté de circuler sur le territoire national.

« Leur véritable objectif est d’induire l’opinion publique nationale en erreur avec ces moyens trompeurs pour s’autoproclamer fallacieusement comme les porte-voix du peuple algérien. A cet effet, j’ai donné des instructions à la Gendarmerie Nationale pour faire face avec fermeté à ces agissements, à travers l’application rigoureuse des réglementations en vigueur, y compris, l’interpellation des véhicules et des autocars utilisés à ces fins, en les saisissant et en imposant des amendes à leurs propriétaires», estime-t-il.

Pourtant l’article 55 de la Constitution est très clair à à ce sujet. « Tout citoyen jouissant de ses droits civils et politiques a le droit de choisir librement le lieu de sa résidence et de circuler sur le territoire national. Le droit d’entrée et de sortie du territoire national lui est garanti. Toute restriction à ces droits ne peut être ordonnée que pour une durée déterminée, par une décision motivée de l’autorité judiciaire », stipule cette décision.

La décision de Gaïd Salah est déjà mise en œuvre. Selon des témoins, la gendarmerie nationale est déjà à pied d’œuvre pour mettre à exécution cette décision. Des dizaines de véhicules sont déjà installés sur l’autoroute Est-Ouest.

Massinissa Ikhlef

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