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Crise politique : Nouvel appel au dialogue émane des personnalités nationales

 

Plusieurs personnalités, dont le doyen des avocats, Ali Yahia Abdenour, Ahmed Benbitour, Ahmed Taleb Ibrahimi et Abdelaziz Rahabi, viennent de lancer un nouvel appel au dialogue pour une solution consensuelle à la crise actuelle. Critiquant sévèrement l’unilatéralisme du pouvoir en place et sa volonté d’imposer sa feuille de route, à travers une présidentielle.

«En dépit de toutes ces données qui dénotent clairement une volonté politique de répondre sélectivement aux revendications légitimes du Harak, nous continuerons d’espérer en la possibilité de parvenir à la solution de la crise politique actuelle. D’où notre appel à la poursuite du Hirak, tout en saluant le degré élevé de conscience des manifestants pour leur pacifisme qui, par sa qualité d’acquis civilisationnel, soulève l’admiration de par le monde », lit-on dans une déclaration rendue publique, aujourd’hui.

Les signataires, parmi lesquelles figurent aussi le sociologue Nacer Djabi, l’avocat Abdelghani Badi et la politologue Louisa Ait Hamadouche, exigent, avant le début de ce dialogue, l’engagement du pouvoir à prendre certaines mesures d’apaisement pour réunir les conditions nécessaires au déroulement libre et transparent du prochain scrutin.

Ils demandent notamment la « satisfaction des revendications relatives au départ des symboles restant du pouvoir déchu, et démantèlement des réseaux de la corruption sous toutes ses formes ». Ils exigent également la libération immédiate et sans condition des détenus d’opinion: jeunes et moins jeunes, étudiants et activistes du Harak, le respect du droit constitutionnel de manifester pacifiquement, levée de toute entrave à l’action politique, et à la liberté d’expression dans tous les média, notamment l’espace audiovisuel public et privé et la levée des entraves aux marches populaires pacifiques et à l’accès à la capitale.

Les signataires de l’appel insistent aussi sur la cessation des poursuites et des arrestations illégales d’activistes politiques et l’invitation à un dialogue sérieux et responsable de toutes les parties favorables à ces revendications.

« Autant nous insistons sur ces mesures préalables pour ouvrir la voie à une solution politique durable, autant nous invitons toutes les tendances du Harak à plus de retenue et de vigilance afin d’éviter tout slogan attentatoire aux personnes et aux institutions, et d’exclure tout ce qui constitue une source de fitna ou de haine préjudiciables à l’unité nationale », lit-on dans le document.

Et d’ajouter : « Nous ne pouvons concevoir la prochaine échéance présidentielle que comme le couronnement d’un dialogue aboutissant à un consensus. Notre pays a en effet besoin de l’apport de tous ses enfants pour élaborer une vision commune dont l’objet ne sera nullement de reconduire le régime actuel même sous un habillage nouveau, mais d’être le point de départ d’une vie politique nouvelle dans le cadre d’une unité nationale renforcée par sa diversité politique et culturelle, et qui dissipe toute crainte de l’institution militaire d’une autorité civile constitutionnelle ».

Selon les signataires, cette démarche basée sur l’entente et le consensus « épargnera au pays le risque de l’enlisement. « Autrement dit, s’aventurer à organiser des élections présidentielles comme annoncées, sans consensus national préalable, attisera le mécontentement populaire et aggravera la crise de légitimité du pouvoir. Bien plus, cette décision pourrait servir de prétexte aux immixtions étrangères que nous refusons avec force dans tous les cas et sous n’importe quelle forme », mettent-ils en garde.

Pour les auteurs de cette déclaration, « il est donc inconcevable d’envisager la tenue d’élections libres et transparentes dans de pareilles circonstances ». « Par conséquent, nous invitons le pouvoir de fait à procéder avec sagesse et objectivité, à une nouvelle lecture de la réalité afin de ne pas contrecarrer les revendications légitimes du peuple en faveur d’un changement pacifique des mécanismes et des pratiques de gouvernance, et pour ne pas frustrer les générations de l’indépendance emplies de patriotisme, de l’exercice de leur droit à l’édification d’un Etat moderne dans l’esprit rassembleur du 1er novembre ». souligne-t-ils.

Massinissa Ikhlef

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