IL S’AGIT DE STRUCTURER L’AVENIR ET NON DE RESTRUCTURER LE PASSÉ

 

Il est tout à fait normal et surtout vital que la décantation du 22 février accouche de nouvelles dynamiques politiques à la hauteur de la conscience de cette formidable jeunesse engagée dans la perspective d’une nouvelle conception de l’État en particulier et d’un nouveau paysage politique en général.

Ce sursaut politique appartient à une génération qui vient de donner toutes les preuves qu’elle est prête à se prendre en charge, loin des clivages politiques d’une époque dont elle n’est pas obligée de subir les conséquences.

Certes, la jeunesse d’aujourd’hui a le devoir de ne pas être ingrate, elle doit respecter les sacrifices de ses prédécesseurs et surtout rentabiliser les acquis arrachés de hautes luttes, mais elle a aussi le droit d’éviter les schémas qu’elle considère révolus et surtout qui ont produit des impasses.

Cette révolution qui aspire au changement radical est assez mûre pour laisser passer la pilule du recyclage d’une configuration politique basée sur les équilibres régionaux à travers une autre série de sigles dont le rôle demeurera celui de maintenir les moyens de pression pour le partage des privilèges.

Ce que les nostalgiques de la projection du fonctionnement clanique du système dans l’opposition n’arrivent pas à comprendre est le fait que l’après 22 février 2019 ne pourra, en aucun cas, être l’après 5 octobre 1988.

Une trentaine d’années séparent les deux soulèvements. Une autre génération a émergé et ses besoins en liberté et en ouverture ont considérablement évolué.

La refondation nationale n’est pas une refondation du système mais contre le système, la régionalisation n’est pas le régionalisme et la prise en charge des particularités régionales n’est pas le rééquilibrage régional en fonction des rapports de force entre des groupes de pressions.

La scène politique nationale a besoin de s’émanciper des ténèbres et surtout de se libérer des offices occultes. Elle aspire à son autonomie. Elle doit faire des rétrospectives pour évoluer et non pour reproduire les échecs.

Le train de la deghettoïsation des idéaux démocratiques est en marche et le 22 février est une preuve tangible qu’il a fait du chemin.

Accompagner la propagation des idées progressistes à travers le territoire national est un devoir patriotique. Les nouveaux espaces et cadres politiques doivent naître dans ce sens et ceux qui existent déjà doivent se mettre à jour dans cette optique.

Il s’agit de structurer l’avenir et non de restructurer le passé.

C’est Kamel Daoud qui disait : « Il faut aller vers des solutions qui vont sauver nos enfants pas vers celles qui vont sauver nos ancêtres. »

Moussa Nait Amara

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