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Le journal «Le Monde» met le pouvoir Algérien devant ses réalités

L’éditorial du journal français Le Monde, publié ce mardi, a clashé les tenants du pouvoir réel à Alger et leur a craché les vérités amères. Pour l’auteur, « La façon dont le scrutin est organisé ne crée pas les conditions d’une transition réelle, légitime et transparente vers un accord politique global ».

« La bureaucratie et les lobbys inféodés au pouvoir ont encore assez d’influence pour tenter de maintenir l’existant à rebours des revendications de la rue. Les vieux réflexes restent les mêmes, même si la pression populaire a obligé le système à adapter son discours. Mais, dans un climat de défiance généralisée vis-à-vis du pouvoir, celui-ci est devenu inaudible », relève l’éditorialiste qui regrette presque qu’ « au lieu de s’inspirer de l’écho du Hirak, le mouvement populaire, pour tenter de donner de nouvelles perspectives à une Algérie qui en manque tant, l’armée, désormais en première ligne, ne cherche qu’à le neutraliser ».

« L’élection qui se profile prend des allures de parodie démocratique, dans laquelle les ex-ministres du président sortant font mine de participer à une compétition qui n’a qu’un but : faire émerger une personnalité du sérail pour que rien ne change véritablement », fait remarquer Le Monde.

Faisant état de la situation politique qui prévaut dans le pays, l’éditorialiste relève que la presse subit des pressions permanentes pour diffuser la bonne parole du pouvoir, des arrestations arbitraires et une justice d’exception perdurent, et le pouvoir actuel n’accepte pas de laisser le processus électoral se dérouler librement. Et tant que cette situation ne changera pas, « les conditions de la désignation d’un nouveau président légitime ne seront pas réunies » et « le scrutin du 12 décembre risque d’aboutir à une élection vide de sens avec un taux de participation ridiculement bas ».

Le Monde tente de secouer les tenants du pouvoir, les invite au réalisme et leur crache la vérité amère : « Si les tenants du système imaginent qu’un retour à la situation ante est encore possible, ils se trompent lourdement. Les Algériens ne manifestent pas depuis huit mois pour obtenir des réformes à la marge avec ceux qui les ont conduits à la situation actuelle. L’immense majorité demande une remise à plat de la redistribution des richesses nationales, veut remettre la souveraineté du peuple au centre de la vie politique et entend reprendre en main son destin qu’un clan lui a confisqué pendant trop longtemps ».

« le scrutin du 12 décembre n’est pas à la hauteur de cette aspiration et ne fera que compliquer la transition démocratique », conclut l’éditorial du journal Le Monde.

Abdelhamid Laibi

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