Les Forces de l’Alternative Démocratique qualifient le pouvoir de fait d’être le centre de la contre révolution

La journée commémorative du 05 octobre approche. Une occasion pour les Forces  de l’Alternance Démocratique d’établir le lien historique de la révolte d’octobre 1988 et la révolution du 22 février 2019 toujours en cours. Dans un communiqué rendu public aujourd’hui, les FAD clarifient le message révolutionnaire de cette lame de fond qui traverse actuellement la société Algérienne.

« Le 22 février 2019 ne revendique pas un simple ajustement socio-économique ou culturel. C’est un soulèvement révolutionnaire qui met au centre la question de la souveraineté du peuple. Il y va de la nécessité de parachever l’indépendance nationale », souligne le communiqué des FAD.

« La préoccupation des Algériennes et des Algériens n’est pas de chercher des solutions à la crise du système. Il s’agit de réunir les conditions permettant l’exercice de la souveraineté populaire et de mettre en place un nouveau cadre politique et juridique avant d’envisager toute élection », lit-on encore dans le même document.

Les Forces de l’Alternative Démocratique avertissent tout de même sur la nature même du chef d’état major. « Le pouvoir de fait incarné par l’Etat-major de l’Armée se comporte en centre de la contre révolution. Il veut imposer une façade légale qui œuvre à restaurer et à perpétuer le système politique qui a ruiné l’Algérie », précisent-elles.

Nadia Mehir

voici le texte intégral du communiqué :

05 octobre 1988, 05 octobre2019

Plus de 30 ans déjà que la jeunesse algérienne, dans les villes et dans les campagnes, s’est soulevée pour réclamer haut et fort la justice sociale, les libertés démocratiques et le respect des droits de l’homme. Le soulèvement d’octobre qui a succédé aux événements du printemps 1980 en Kabylie, à la révolte du constantinois en 1986, aux protestations des femmes contre le code de la famille, aux luttes des travailleurs de différents secteurs et des militants politiques de diverses obédiences, engendrent déjà les premières fissures dans le système du parti unique qui s’est imposé en tuteur du peuple algérien.

Devant l’ampleur de la révolte populaire, l’armée qui détient l’essentiel du pouvoir tire sur les manifestants à Alger. Le bilan est lourd: des dizaines de morts et des centaines de blessés.
L’éclosion de débats sur le devenir du pays à travers des collectifs, comités et organisations politiques jusque-là tenues dans la clandestinité, a contraint le pouvoir à reconnaître le pluralisme politique et à concéder l’ouverture médiatique. La faillite de l’économie dominée par la prédation et le recours ensuite à l’endettement extérieur, qui ont précipité la révolte, enlisent le pays dans la crise durant la période post 88.
Sorti exsangue des événements sanglants des années 90, le pays a été livré à un pouvoir plus soucieux de la restauration autoritaire du système politique que de la promotion de la démocratie et de la souveraineté du peuple.

Une nouvelle explosion était alors inévitable.

Le 22 février 2019 est la cristallisation de toutes ces luttes qui ont précédées. Les Algériennes et les Algériens ont appris de ces expériences que seule la contestation pacifique et unitaire peut venir à bout d’un système politique usurpateur, prédateur et oppresseur. Les forces du Pacte de l’Alternative Démocratique estiment aujourd’hui que leur responsabilité est grande devant l’histoire.

Le 22 février 2019 ne revendique pas un simple ajustement socio-économique ou culturel. C’est un soulèvement révolutionnaire qui met au centre la question de la souveraineté du peuple. Il y va de la nécessité de parachever l’indépendance nationale.

Face à cette détermination renouvelée depuis 32 semaines de marches pacifiques, le pouvoir de fait incarné par l’Etat-major de l’Armée se comporte en centre de la contre révolution. Il veut imposer une façade légale qui œuvre à restaurer et à perpétuer le système politique qui a ruiné l’Algérie.
La préoccupation des Algériennes et des Algériens n’est pas de chercher des solutions à la crise du système. Il s’agit de réunir les conditions permettant l’exercice de la souveraineté populaire et de mettre en place un nouveau cadre politique et juridique avant d’envisager toute élection.

Les forces du Pacte de l’Alternative Démocratique saluent la mobilisation citoyenne. Elles dénoncent la répression qui s’abat sur le mouvement populaire visant à installer un climat de terreur afin d’exécuter leur farce électorale dont le résultat est connu par avance. Les Algériennes et les Algériens sont appelés à rester vigilant et à poursuivre les luttes pacifiques pour arracher un processus constituant à travers une transition démocratique.

Les forces du Pacte de l’Alternative Démocratique s’inclinent devant la mémoire de ces martyrs de la liberté et de la démocratie. Leur sacrifice n’est pas vain.

Vive l’Algérie libre et démocratique !
Gloire à nos martyrs !

Alger, le 02 octobre 2019
Les Forces de l’Alternative Démocratique

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More

%d blogueurs aiment cette page :