Messaoud Leftissi ou le sens de la révolution du 22 février

À sa sortie du tribunal de Sidi M’hamed, à l’occasion de la présentation d’un groupe de détenus devant le juge, une avocate n’a pas cessé de crier : « Je viens de rencontrer Larbi Ben M’hidi ! », allusion faite à Messaoud Leftissi.

Voici donc un nom à retenir. Il vient de la ville côtière de Skikda et il est militant associatif et écologiste. Ingénieur de formation, il fait partie de cette génération du 22 février qui incarne le changement radical à travers une conscience politique des plus intéressantes mais aussi une compétence technique qui le hausse au rang des bâtisseurs d’une Algérie nouvelle et émancipée.

Il est de cette jeunesse qui a compris le sens de l’ouverture, de la pluralité et du vivre ensemble. Fier de l’identité commune enfin retrouvée, il déclare à un juge qu’il va encore arborer l’emblème Amazigh en retrouvant sa liberté.

À chaque fois que sa famille lui rend visite à la prison d’El Harrach, il remet une lettre à sa sœur Souad sous forme d’une chronique où il s’exprime sur les développements de la révolution du sourire.

Dans son dernier message, il nous livre son point de vue sur la nature médiocre des candidats à la candidature aux présidentielles et les visées du simulacre du 12 décembre.

Pour Messaoud Leftissi: « les candidats aux présidentielles du 12 décembre sont plusieurs visages dans un même système. Les uns veulent prolonger le Bouteflikisme et les autres veulent changer le personnel politique en gardant la nature du système.
Ce système qui n’a jamais été un corps homogène mais une multitude de clans et de groupes de pressions militaires fondés sur le régionalisme, le tribalisme et le clientélisme.
Chacun de son côté défend ses propres intérêts mais ils savent bien comment réaliser leur propre consensus quand la nature du régime est menacée.
Ils n’accepteront jamais un candidat autonome de cette configuration clanique et qui pourrait constituer une menace pour leur existence.
Et c’est pour cette raison qu’ils ont peur d’une transition démocratique et d’un processus constituant.

Le peuple a finalement compris leur manège et il n’acceptera jamais de cautionner cette feuille de route qui vise à sauver le système au détriment d’une période de transition qui permettra la construction d’un État de droit ».

En lisant cette lettre et tant d’autres réflexions de Leftissi, nous allons mieux comprendre le niveau de conscience des jeunes détenus d’opinion et surtout les raisons de la panique des médiocres au pouvoir devant cette formidable jeunesse qui a décidé de prendre son destin en main et de parachever l’indépendance de ce cher pays.

Moussa Nait Amara.

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