- Advertisement -

Syndicat des magistrats : « Il est inacceptable d’attenter aux droits et libertés des citoyens »

Le syndicat des magistrats rajoute une couche. Critiqués sur l’objectif de leur révolte qualifiée de corporatiste, ils tentent de prouver le contraire. Au troisième jour de leur mouvement de grève, ils donnent un cachet purement politique à leur action en exigeant la consécration de l’indépendance de la justice « sur le terrain » et non pas « à travers des slogans creux et vides de tout sens ».

En effet, dans un communiqué rendu public, cet après-midi, le syndicat national des magistrats (SNM) insiste sur le respect des droits et libertés des citoyens, dont la violation sous n’importe quel prétexte est intolérable.

« L’indépendance est une revendication essentielle qu’il faut consacrer dans la pratique, loin de tout slogan creux. Il est inacceptable d’invoquer n’importe quel contexte pour attenter aux droits et aux libertés fondamentales des citoyens ou menacer la cohésion de la société sous des prétextes illégaux et des justificatifs non conformes aux textes de loi », précise le SNM dans son communiqué.

Selon le syndicat « la dignité du juge est une garantie essentielle que la société doit consacrer pour faire face à tous les abus ». Plus encore, le SNM précise que « les magistrats sont des enfants du peuple et rendent leurs jugements en son nom, comme ils sont base de l’Etat national qui suppose le respect de la loi et la consécration des libertés ».

« Déplacement de la corruption »

Le SNM rejette à nouveau l’argument de la lutte contre la corruption mis en avant par les tenants du pouvoir et le ministre de la justice, Belkacem Zeghmati.

« La lutte contre la corruption ne se fait pas d’une manière conjoncturelle, elle a plutôt besoin d’outils juridiques. Il est insensé de muter près de 3000 juges d’un trait sous le prétexte de lutter contre la corruption. Celle-ci doit être extirpée. La mutation est une manière de réhabiliter la corruption ou de lui changer simplement d’endroit », dénonce Issaad Mabrouk, dans une déclaration faite à l’occasion du rassemblement des magistrats à la Cour d’Alger.

Pour lui, cette grève est une preuve supplémentaire que la situation au sein de l’institution judiciaire a atteint un seuil intolérable. « Le couteau a atteint l’os. Nous avons été contraints de recourir à la grève en l’absence d’autres alternatives ». « C’est la non prise en charge des problèmes du secteur qui a mené à cette situation tendue. Notre revendication aujourd’hui est l’indépendance effective de la justice, conformément à la volonté populaire, mais loin de tout populisme », insiste-t-il.

Massinissa Ikhlef

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More

%d bloggers like this: