Cheikh Liamine enterré hier à El Alia : Une foule nombreuse lui a rendu hommage

 

Hier, vendredi, Cheikh Liamine a rejoint sa dernière demeure, accompagné par une foule nombreuse de proches et d’admirateurs.

Liamine Haimoune, plus connu sous le nom de Cheikh Liamine, était l’un des maîtres incontestés du chaâbi. Un genre auquel il aura consacré plus de 60années de son existence, lui qui a commencé à flirter avec les milieux artistiques algérois dans les années 1950.

Originaire d’Azzefoun, Liamine Haimoune est né en 1947 dans la banlieue algéroise, à El-Harrach, plus précisément, ville qui a vu également naître un autre grand maître du genre -le regretté Dahmane El-Harrachi.

Affichant très tôt un grand intérêt pour les rythmes andalous et chaâbi, il manie avec une rare dextérité la derbouka, avant d’opter pour le chant. Doté là aussi d’un talent remarquable, il ne passe pas inaperçu aux yeux des deux chioukh Mahmoud et Abdelkader Ouchalla qui l’encouragent vivement à poursuivre dans cette voie et, mieux, décident de leur prendre sous leur aile pour lui apprendre les bases du chaâbi.

Apprenant à jouer d’un instrument de musique, il accompagne les chioukh dans toutes les soirées familiales qu’ils animent, profitant de cette occasion pour élargir ses connaissances et apprendre davantage de ses maîtres. Jusque-là demeuré dans l’ombre, un jour de l’année 1966, l’occasion lui est donnée de briller sur scène. C’était lors d’une soirée que devait animer Cheikh Mahmoud mais ce dernier ayant fait défection, le jeune Liamine est alors sollicité par l’orchestre pour le remplacer sur scène, un défi qu’il assume avec maestria, interprétant deux qçaid, en l’occurrence «Youm el Djemaa» et «Thlatha zahoua ouamraha». Ce soir-là, le public venait d’assister à l’éclosion d’une future grande pointure duchaâbi. Ce jour-là, un grand monsieur, qui se trouvait dans l’assistance, en l’occurrence Baba Dahmane va lui prodiguer des encouragements et lui conseiller de s’inscrire au conservatoire du maître El Anka. Mais deux mois après avoir rejoint les cours du Cardinal du chaâbi, il est contraint de quitter le Conservatoire, son statut de soutien de famille, l’obligeant sans doute à travailler pour aider sa famille.

Liamine Haimoune qui, à l’époque, faisait déjà beaucoup parler de lui dans les milieux chaâbi sera présenté au maître Amar Lachab, ce dernier, séduit par le parcours et la personnalité du jeune artiste va lui proposer d’intégrer son orchestre en tant que musicien, une chance saisie au vol par Liamine, conscient que cette opportunité allait lui ouvrir d’autres portes vers l’ascension. En effet, Lachab lui confie de temps à autre quelques soirées, un beau tremplin pour le jeune artiste qui prendra la relève de l’orchestre après le départ de Cheikh Amar Lachab en France en 1975.

Au cours de son parcours artistique, Cheikh Liamine fera beaucoup de rencontres heureuses dont celles de grands maîtres comme Mustapha Boutriche, Arezki Berkaoui, Rabah Kaouane ou Mohand Rachid. Ce dernier, tout en l’éclairant de ses conseils avisés lui donne aussi quelques qçaid qui deviendront des incontournables de son vaste répertoire. 

Après s’être retiré de la scène pendant plusieurs années, Cheikh Liamine y revient par la grande porte, en participant au projet de l’orchestre El Gusto qui sera une véritable renaissance tant sur les plans artistique qu’humain pour lui et pour tous les artistes qui y prennent part, notamment Abdelkader Chercham, Cheikh Liamine, Robert Castel, Luc Cherki, Abdelmadjid Meskoud, Cheikh Ferkioui et d’autres encore.

Cheikh Liamine a tiré sa révérence à l’âge de 72 ans des suites d’une longue maladie. L’interprète de « Dzair ya Hbibti » dans le documentaire El Gusto, laisse derrière-lui un large répertoire mais surtout un public nostalgique de ses années de gloire.

Kahina A.

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