- Advertisement -

club des magistrats à Belkacem Zeghmati : « Nous ne sommes plus à l’époque du parti unique ».

Le bras de fer opposant le ministre de la justice, Belkacem Zeghmati soutenu par Gaïd Salah, aux magistrats ne cesse de se durcir. La mise en scène de jeudi dernier montrant le chef d’état-major de l’armée affichant son soutien au garde des sceaux n’a pas impressionné les deux syndicats des magistrats qui n’ont pas tardé à donner leur réponse à ce passage en force.

En effet, le premier à répondre au ministre de la justice est le club des magistrats, un syndicat créé en 2016 et qui n’a toujours pas eu l’agrément. Dans un communiqué rendu public, aujourd’hui, le porte-parole de cette organisation, Saadeddine Marzouk tire à boulets rouges sur le ministre de la justice qui avait qualifié « la grève des juges « d’illégale », tout en reprochant à ces dernier d’avoir « trahi leur serment ».

Le premier responsable du club des magistrats rappelle d’abord que le mouvement de grève a été massivement suivi, dénonçant ainsi la fuite en avant du ministre. « L’adhésion au mouvement de grève oscille entre 96% et 98%. C’est donc l’écrasante majorité des magistrats qui ont répondu favorablement au mot d’ordre de la grève. Le ministre aurait dû reconnaitre ce fait au lieu de tenter de minimiser l’ampleur de la grève en parlant de quelques juges. Il s’agit là d’une tentative maladroite visant à nier les réalités », explique-t-on.

Le club renvoie également Belkacem Zeghmati au contenu des conventions internationales qui n’excluent pas les juges du droit à la grève. « Le contexte que traverse la pays en général et le secteur de la justice en particulier exige de dépasser la question de la légalité de la grève de la part d’un ministre dont la légitimité est tronquée et qui est, de plus, membre d’un gouvernement désigné par des forces anticonstitutionnelles », précise la même source.

Pour ce syndicat, « la question de la légalité de la grève en ce moment de révolution populaire pacifique qui a ébloui le monde entier ne doit plus être posée ». « Si on tenait aux procédures figées, il n’y aurait pas eu une opposition du club des magistrats au 5e mandat et au prolongement de la quatrième mandature du président déchu », indique-t-on, soulignant que la « légitimité des révolutions fait tomber la légalité des procédures. C’est universel ».

SNM : « nous demandons l’indépendance de la justice »

Sur sa lancée, le club des magistrats rappelle au ministre de la justice son passé de défenseur « de la révolution socialiste en vogue à l’époque du parti unique ».

« Le club des magistrats a toujours brandi la bannière de l’indépendance de la justice face aux différents ministres de la justice qui ont tous défendu le parti unique et la révolution socialiste (Belkacem Zeghmati a intégré le secteur de la justice en 1981). Ces derniers sont restés fidèles à cette mentalité, croyant que les mêmes principes sont toujours de mise et que les magistrats sont des fonctionnaires, membres de la masse de la prolétariat, et que leur grève est un acte de traitrise et un crime », dénonce-t-il.

De son côté, le syndicat national des magistrats (SNM) met en garde contre les « méthodes policières du ministre de la justice ». Dans un communiqué rendu public, l’organisation présidée par Issaad Mabrouk « affirme que les revendications soulevées n’ont rien de corporatistes ou d’intérêts étroits ». « Notre principale revendication est l’indépendance de la justice, dont se plaint beaucoup aujourd’hui. Nous ne comprenons pas l’attitude des institutions de l’Etat et de l’opinion publique », précise le SNM dans son document.

Poursuivant, le syndicat répond implicitement à Gaïd Salah, sans le citer, lorsqu’il précise que le combat « des magistrats est celui des hommes libres et nobles ». « Les juges ne font pas partie de la bande et de ses relais. Ils sont des victimes des politiques autoritaires qui durent depuis des décennies », explique le SNM qui maintient sa grève, tout en mettant en garde « contre les conséquences d’une décision irréfléchie des autorités ».

Massinissa Ikhlef

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More

%d bloggers like this: