La femme Algérienne, entre une conscience politique qui émerge et un machisme sociétal qui résiste

Tout le monde s’accorde à dire que la révolution en marche depuis le 22 février puise sa légitimité de son caractère pacifique, et son qualificatif de civilisée de cette extraordinaire participation de la femme à toutes les marches du vendredi et dans toutes les grandes villes algériennes.

Le comportement exemplaire des marcheurs à l’égard de la femme est expliqué par de nombreux observateurs comme une avancée réelle du regard de la société à l’égard de cette citoyenne lésée dans ses droits les plus élémentaires par un patriarcat des plus tenaces, accompagné par un arsenal juridique qui fait de la femme une mineure à vie.

Cette attitude positive du Hirak traduit-elle réellement une évolution au niveau de la société concernant cette question primordiale dont le règlement est une condition sine qua non à toute émancipation politique ?

Malheureusement, la réponse à cette problématique n’est pas à la hauteur de cette prise de conscience qui s’affiche au niveau politique.

En effet, dans une société patriarcale où la citoyenneté ne se conjugue guère au féminin, on a tendance à oublier que la femme est une citoyenne. Les machos qui reprochent à la femme sa jupe courte, sa chevelure longue, son verre de vin de trop ou sa cigarette qu’ils considèrent plus nocive que celle de l’homme occultent le fait que cet être est avant tout une citoyenne à part entière.

Cet engagement politique des plus intéressants de la femme algérienne, depuis le 22 février va-t-il faire comprendre au traditionalisme de la société qu’aucune construction démocratique n’est possible sans la consécration de l’égalité Hommes/Femmes ?

Un challenge qui vaut la peine d’être engagé dans ce moment révolutionnaire où le prétexte « ce n’est pas le moment » doit être banni pour pouvoir accéder définitivement à un État de droit et de tous les droits.

Quand bien même on arriverait à dégager ce système, si ses pratiques ségrégationnistes ne sont pas démantelées, on tombera tôt ou tard dans les mêmes impasses.

Moussa Nait Amara.

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