Le vote n’aura pas lieu : Laissons le vieux Général tirer ses derniers coups de baroud d’honneur

Les présidentielles n’auront pas lieu le 12 décembre prochain. La décision n’est pas prise par le pouvoir en place qui veut les faire passer de force mais une conséquence logique de ce qui se développe sur le terrain de la contestation nationale.

Au deuxième jour de la campagne électorale, la révolution populaire monte d’un cran et rien n’interdit de prévoir que les choses se corseront davantage dans les jours à venir.

A Sétif, la population a décidé d’organiser des marches quotidiennes pour exprimer le rejet de la mascarade électorale. Les habitants des hauts plateaux ne se suffisent plus des marées humaines de vendredi.

A Béjaïa, les choses s’organisent davantage. L’université rouvre ses portes aux débats politiques. Dans les localités, les marches et rassemblements s’intensifient à tel point que le pouvoir commence à perdre équilibre. Ce lundi matin, il a usé de bombes lacrymogènes et d’oukases pour tenter de juguler la contestation populaire grandissante à Tichy.Et à partir de demain, les habitants de Bejaïa organiseront quotidiennement des sit in devant le siège de la wilaya et des marches dans la soirée pour confirmer la dynamique de rejet des élections.

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A Bouira, la population massivement engagée dans l’option du rejet des élections procède à la fermeture des sièges de la mairie et de la Daïra. Après At Laaziz hier, les populations de Haizer et de Taghzout sont sorties ce matin massivement fermer le siège de leurs mairies respectives avec un mur en dur et souder le portail principal du siège de la daïra sous le regard impuissant des policiers mobilisés par le pouvoir. La veille, lors d’un meeting populaire, la population a pris la ferme décision d’empêcher la tenue de la mascarade électorale dans la région.

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A El Asnam, la population a tagué tous les espaces dédiés à la campagne électorale avec le fameux slogan « Makach intikhabat ya el issabate ». Des portraits de détenus politiques sont affichés à la place de ceux des candidats.

A Alger, le candidat islamiste s’est sauvé après quelques secondes de prise de parole à la hussarde. Les nombreux citoyens l’ont pris à partie avec des slogans anti élections. Son portrait affiché sur la devanture de son siège national a été bombardé d’œufs.

Madjid Tebboune, homme du système et chouchou politique des généraux, s’est réfugié à Sidi Fredj pour son premier jour de campagne. Comme l’a fait la France coloniale en 1830, Abdelmadjid Tebboune veut conquérir le pays en démarrant sa razzia présidentielle de ce haut lieu symbolique.

Ali Benflis, après avoir avalé ses couleuvres dans la ville de Tlemcen a dû rebrousser chemin. La forte contestation constatée dans l’ancienne capitale des ziyanides  l’ont dissuader de poursuivre son périple à Maghnia où un commité d’accueil contestataire l’attendait de pied ferme.

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Azzedine Mihoubi et Abdelaziz Belaïd se sont engouffrés dans les mausolées de la région d’Adrar. A défaut de pouvoir rallier un minimum de soutien populaire, les deux candidats se sont tournés vers les morts pour implorer leur baraka en ces temps de disette.

Demain, le chef d’état major s’adressera encore une fois à la nation. Rien n’indique qu’il va lever son drapeau blanc. Mais tout laisse entrevoir qu’il va  nous abreuver d’un autre chapelet d’injures et de menaces auxquelles plus personne ne prête attention. Il lui reste peu de temps pour se rendre à l’évidence nationale, alors concédons-lui ce petit droit de péter ses derniers coups de baroud d’honneur.

Arezki Lounis

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