Les quatre manœuvres sordides du pouvoir

A force que le jour J du coup de force du système approche, son plan diabolique se précise. Les tenants du pouvoir réel articulent leur stratégie de mise en pratique de leur plan sur quatre manœuvres diaboliques.

La première manœuvre consiste en la neutralisation de toutes les voix discordantes via l’arrestation des militants les plus actifs du Hirak, la campagne massive de dénigrement contre les figures de l’opposition, la déstabilisation structurelle des partis opposants et la division des rangs du peuple.

La seconde manœuvre passe par la mise sous contrôle des canaux de communication en procédant à la suspension de peu d’émissions ouvertes à la diversité d’opinion comme fut le cas chez Chaine III, la domestication des chaines privées via le chantage judiciaire et financier, la mise off-line des sites d’information jugés subversifs, la surmédiatisation des insignifiantes manifestations de soutien au pouvoir et le passage sous silence des grandioses manifestations populaires de l’opposition.

La troisième est le dragage des segments les plus faibles de la société en annonçant des mesures sociales par paquets. Ainsi, on promet aux jeunes promoteurs d’entreprises des échéanciers de remboursement des dettes attractifs et l’accès aux locaux commerciaux du parc immobilier public à des prix incroyables. On annonce aux salariés du pré-emploi un règlement définitif de leurs situations professionnelles dans six mois. On chuchote aux femmes de chahid et à toute « la famille révolutionnaire » les juteux bénéfiques du retour de l’importation des véhicules de moins de trois ans avec les fameuses licences de Moudjahid et une imminente augmentation de pension. Les bras sociaux du pouvoir brassent large pour ramener des gens à l’urne. Peu importe le prix, l’essentiel que ça vote ! Les sources de financement d’un tel négoce politique ? La planche à billets. Et il est inutile de s’attarder sur les conséquences désastreuses d’une telle politique. Dans le sérail, l’urgence est de sauver les flancs du système maffieux des feux de la révolution.

La quatrième manœuvre est la sacro-sainte mobilisation du « peuple du cachir ». Les réseaux dormants de la corruption, les clients du système et les éternels chercheurs d’«os  à croquer » sont mobilisés et déplacés d’une ville à une autre par bus réquisitionnés par des administrations locales  pour organiser des semblants de marches de soutien à l’état major de l’armée et à l’option des présidentielles. Et il n’est surprenant de voir sur l’écran de la télévision du régime plusieurs visages faire partie de toute les manifs pro-pouvoir au Constantinois, dans l’Oranais ou dans le sud du pays.

Ces derniers jours, le pouvoir, affolé par l’ampleur de la mobilisation populaire en faveur du rejet des élections, multiplie ces manœuvres sordides. Et il n’est pas exclu qu’il multiplie les abus. Et face à toute cette agitation, le peuple comme un seul homme, garde le cap et scande dans tout le pays et par millions : « Pas de vote, espèce de bandes ! ». Un état d’esprit révolutionnaire inédit qui nous laisse convaincus qu’il n’y aura pas d’élections le 12 décembre.

Arezki Lounis

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