« Ulac lvot ulac » ou la victoire à double sens

Le choix du pouvoir du fait accompli dirigé par le commandement militaire de mener sa contre-révolution à travers l’axe classique de la stigmatisation de la Kabylie et de ses symboles politiques et culturels relève de la confirmation de la nature néocoloniale de ce régime qui démontre de plus en plus qu’il n’est rien d’autre qu’un prolongement du colonialisme, dans sa politique de terre brûlée et dans sa stratégie de « diviser pour régner ».

La réussite de la révolution du sourire à mettre en échec ce diabolique plan qui a, plus au moins, réussi à semer le doute entre les algériens pendant 57 ans, est une preuve tangible de la maturité et de la prise de conscience de la société algérienne dans sa globalité.

L’expression populaire « Khawa-khawa » qui est une traduction populaire du vivre-ensemble prend tout son sens et devient une conviction ancrée dans toutes les régions de cet immense pays.

Entendre le détenu politique de Skikda Messaoud Leftissi (un nom à retenir) dire au juge qui l’a condamné qu’il va arborer encore le drapeau Amazigh à sa libération est un fait lourd de sens.

La volonté de bâtir une Algérie plurielle qui s’exprime depuis le 22 février, dans les rues de toutes les villes d’Algérie, est fortement traduite dans cette déclaration de Leftissi. Elle est le garant de l’aboutissement de cette révolution en marche qui a adopté d’une manière claire la transition démocratique et le processus constituant.

Après « Pouvoir assassin », c’est au tour de « Ulac lvot ulac  » de faire l’essentiel des slogans sur tout le territoire national. Voilà donc un acquis doublement significatif:

Primo, c’est une affirmation qui disqualifie de fait le simulacre du 12 décembre qui n’est autre qu’une forme de recyclage du système pour assurer la continuité et surtout pour garantir la réhabilitation du la 3issaba dans toutes ses composantes claniques.

Secundo, c’est une preuve qui décrète une prise de conscience au niveau sociétal quant à la nécessité d’assumer l’identité commune enfin retrouvée pour pouvoir construire une Algérie libre, démocratique et plurielle qui consacrera définitivement le respect des particularités régionales.

La notion de la refondation nationale est adoptée par le Hirak et la minorité d’extrémistes de part et d’autre n’est que l’exception qui confirme la règle.

Moussa Nait Amara

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