Violence et fausses promesses au menu du pouvoir

À quelques jours du simulacre du 12 décembre, totalement rejeté dans sa forme et dans son fond, par l’écrasante majorité du peuple algérien, le pouvoir du fait accompli accentue la provocation de la violence et les signes d’un semblant d’apaisement.

Il est clair que les scènes de violences vécues par la très paisible ville de Bouira sont le résultat d’une provocation policière et d’une complicité d’un candidat qui a osé maintenir son meeting contre la volonté populaire.

Le choix, par le pouvoir, de cette ville pour entamer un dangereux dérapage vers la violence n’est pas le fruit d’un hasard, bien au contraire, il fait partie du fameux plan que Bensalah a avoué devant le président Russe.

Prendre pour cible la ville dont le vivre-ensemble est une réalité quotidienne ancrée depuis longtemps ne peut être que diabolique et criminel.

Située au pied du Djurdjura et aux portes des hauts plateaux, Bouira représente par excellence la pluralité algérienne et la traduction concrète du sens « Khawa-khawa » qui a fait tomber définitivement les desseins machiavéliques de la division.

Cette dernière que tout le monde s’accorde à dire qu’elle constitue le principal axe de la contre-révolution menée par le commandement militaire contre le peuple. Bouira est la preuve de l’existence de cette cohabitation, il s’agit juste de dégager ce système qui entretient la haine pour pouvoir la constitutionnaliser.

Aucune violence ne peut se conjuguer avec cette formidable prise de conscience qui émerge des profondeurs de la société algérienne.

La responsabilité de cette volonté d’embraser ce havre de paix est celle d’un commandement militaire qui s’entête à recycler le système à travers une mascarade électorale qu’il veut imposer aux Algériens. Elle est aussi celle de ce candidat qui est déjà passé par là, en 2001. Comme disait l’adage: l’assassin revient toujours sur les lieux du crime.

Il est clair que les résidus de la 3issaba, représentés par le vice-ministre de la défense, continueront de semer le trouble à l’approche de leur date butoir mais ils ignorent qu’il est impossible de perturber le caractère pacifique d’un mouvement révolutionnaire qui n’a brisé, même pas, une petite vitrine pendant 9 mois d’actions régulières dans la rue.

Ce constat ne nous empêche pas de multiplier les appels au calme pour déjouer les manœuvres du pouvoir et de ses supplétifs chargés de parachuter des actions aventurières qui visent à affecter la cohésion du Hirak.

Comme accompagnement à cette stratégie de provoquer la violence, le pouvoir du fait accompli a choisi aussi de faire recours à d’ hypocrites mesures d’apaisement, dans l’espoir de tromper le peuple.

En mauvais élèves, les stratèges des sales besognes du système ne désespèrent pas de soudoyer les Algériens par des offres alléchantes et vénéneuses.

Le timing choisi pour organiser, dans un tribunal, une pièce théâtrale publique et surtout du mauvais goût, est un fait révélateur des considérations électorales qui entachent cette énième tartufferie politique.

Le pouvoir doit comprendre qu’aucune manipulation de la justice dans le sens de donner impression de lutter contre la corruption ne peut venir à bout de la conscience politique du Hirak. Il n’y a qu’un État de droit qui va émerger d’une transition vers la démocratie qui est en mesure de juger Ouyahia et Cie, au même titre que Gaid Salah qui demeure l’un des principaux appuis des quatre mandats de Bouteflika.

L’information de déblocage des projets de Cevital, à commencer par celui de l’usine de trituration des graines oléagineuses de Bejaia, si elle s’avère vraie, est certes un aboutissement de luttes qui remontent à plus loin que le 22 février mais qui ne peut être perçue, dans la conjoncture actuelle, que comme une tentative de faire intéresser une région par une mascarade électorale totalement disqualifiée.

Le timing de cette annonce est des plus flagrants. Il s’agit de s’armer de toute la vigilance nécessaire avant de donner du crédit à des mesures initiées par un gouvernement illégitime dont le seul souci est de réussir le passage en force du 12 décembre.

La nature ainsi que les agissements de ce gouvernement renseignent sur l’absence de garanties quant à la pérennité de ses promesses et même de ses décisions.

Le peuple Algérien n’a pas beaucoup de choix devant un pouvoir aussi diabolique et autiste. La seule alternative qui est en mesure de faire aboutir vers une transition démocratique et un processus constituant garant de l’instauration d’un État de droit est celle de l’intensification pacifique de la mobilisation populaire.

Loin de la violence du pouvoir et des sirènes des défaitistes, le maintien de la révolution en marche est la seule voie du règlement, même si elle s’annonce, tant qu’à faire, très étroite.

Il faut avoir la conviction de ne pas dévier et un maximum de génie et de finesse politique pour pouvoir passer malgré cette étroitesse.

Moussa Nait Amara

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