Décès du réalisateur Cherif Aggoune : Le cinéma algérien en deuil

Encore une triste nouvelle pour la culture algérienne. Le réalisateur Cherif Aggoune vient de nous quitter à l’âge de 68 ans, des suites d’une crise cardiaque. Son décès est survenu, hier mardi 17 décembre 2019, à Paris.

Originaire de Bejaïa, Cherif Aggoune est né le 10 janvier 1951. Après l’obtention de son baccalauréat, Chérif Aggoune entame une licence de physique à l’université d’Alger. Une fois son diplôme en poche, il se rend à Paris pour préparer une maîtrise. Un projet de courte durée puisqu’une année plus tard, il est contraint d’interrompre ses études faute de bourse. Le jeune homme se lance alors dans toutes sortes de petits boulots qui lui permettent de financer ses voyages à la découverte de l’Europe. Passionné d’images et de 7e art, il décide en 1978 d’intégrer la célèbre Ecole supérieure d’études cinématographiques (ESEC) de Paris. Armé d’une solide formation dans les techniques de réalisation, il retourne en 1981 à Alger où il rejoint la télévision algérienne, en tant que premier assistant-réalisateur. Après avoir travaillé aux côtés de grands cinéastes à l’image de Moussa Haddad ou Mustapha Badie, Cherif Aggoune décide de voler de ses propres ailes et réalise en 1990 un court-métrage de 22 mn intitulé « Taggara lejnun » (La Fin des Djinns).

Méconnu du large public car peu diffusé, ce court-métrage, réalisé à l’époque de l’ENPA en 35mm est considéré comme la première réalisation amazighe professionnelle avant «La colline oubliée» du regretté Abderrahmane Bouguermouh.

Le film raconte « la chronique d’un petit village de Kabylie à travers le regard innocent d’un enfant de six ans. Sa vision du monde, travestie par les adultes, sera à jamais marquée par l’imaginaire, souvent fécond en mythes, légendes et autres contes. Le déclenchement de la guerre de libération mettra progressivement fin au mythe ». « Taggara lejnun » sera sélectionné au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand 1991.

En 2013, Cherif Aggoune récidive avec une nouvelle réalisation mais cette fois, un long métrage ayant pour titre «L’héroïne ». D’une durée de 80 mn, cette fiction revient sur la tragédie noire traversée par l’Algérie.

Produit par l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC) et la société Cilia films, avec le soutien du ministère de la Culture – FDATIC, ce film sera sélectionné au Festival international du film oriental de Genève (FIFOG) en 2014.

En 2014, il sort « Rocher noir », un film documentaire historique qui revient sur l’Exécutif provisoire algérien sous la présidence de Abderrahmane Farès.

Kahina A.

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